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L’inaction s’explique-t-elle par l’incompréhension?

dessin de David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress
réalisé par David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress

La plupart des citoyens sont conscients qu’il s’opère actuellement de nombreux changements du climat et que ce problème va fort probablement se détériorer, mais cela ne les empêche pas de conserver un niveau de préoccupation assez faible (Pruneau et al., 2008). Comment pourrait-on tenter d’expliquer l’écart qui s’accroît constamment entre, d’une part, l’inquiétude de la communauté scientifique quant aux dangers envisageables des changements climatiques sur notre habitat et nos modes de vie et, d’autre part, les comportements individuels peu écologiques qui semblent être le reflet global d’une faible préoccupation de la plupart des citoyens?

 Premièrement, serait-il juste de blâmer un certain manque de compréhension de la part de la population pour expliquer son inaction face aux changements climatiques? Une bonne réponse à cette question se doit d’être nuancée, mais il est certain que la mobilisation passe en partie par une prise de conscience et une compréhension des changements climatiques et même plus globalement par une meilleure compréhension du climat en général (Lammel et al., 2012). En effet, il semble que le degré de compréhension « influe sur les niveaux de préoccupation, de croyance et de perception du risque qui, à leur tour, ont un impact sur la motivation » (Lammel et al., 2012). Ainsi, d’un côté, une meilleure compréhension du sujet dans son ensemble peut favoriser un individu à adopter des comportements plus écologiques. À l’inverse, la présence de certaines croyances erronées qui sont parfois très partagées dans la société, par exemple, croire que les changements climatiques n’affecteront pas les pays développés peut amener plusieurs personnes à « sous-estimer l’ampleur des risques » du réchauffement planétaire (Lammel et al., 2012).

Le meilleur moyen de contrer l’incompréhension passe par l’éducation et l’acquisition de nouvelles compétences. Plus un individu a d’occasions de solliciter ses capacités cognitives, plus elles s’adapteront notamment par le biais d’« expériences éducatives » (Bee et Boyd, 2011) qui favorisent l’acquisition de la pensée formelle permettant entre autres la pensée abstraite, le raisonnement hypothético-déductif, la logique déductive, la résolution systémique de problèmes et aussi une meilleure anticipation des conséquences à long terme (Bee et Boyd, 2011). Si ce stade de la pensée facilite la recherche de multiples solutions à un problème complexe et parfois abstrait, on remarque parfois une transition du fonctionnement cognitif vers un autre stade appelé la pensée postformelle qui est quant à elle, une forme moins abstraite de la pensée que la pensée formelle, mais qui est plus orientée vers l’application concrète de solutions dans la vie de tous les jours. De pair avec le développement de ces deux modes de pensée, plusieurs études ont permis de déterminer les compétences qu’ont développées des citoyens qui s’impliquent actuellement dans la lutte aux changements climatiques pour être aptes à trouver des solutions et changer leurs comportements. On peut définir une compétence comme « un ensemble de ressources cognitives (savoirs, savoirs faire, savoir agir) et métacognitives (savoir observer, contrôler et améliorer ses stratégies cognitives), conatives (motivation à agir), physiques, sociales (recourir à un expert), spatiales (utilisation efficace de l’espace), temporelles (organisation pertinente du temps), matérielles (utilisation efficace d’un livre, d’un outil) et affectives » (Pruneau et al., 2011). Actuellement, les compétences les plus importantes qui ont été ciblées sont les suivantes : la pensée prospective qui se rattache à l’anticipation des conséquences à long terme de la pensée formelle, la prise de décision, la pensée critique et l’optimisme (Pruneau et al., 2013).

À première vue, l’incompréhension peut donc sembler une lacune qui empêche les gens d’agir. Cependant, le problème semble avoir des causes beaucoup plus complexes puisque les gens sont pour la plupart quand même conscients que le climat subit des changements importants et ils savent que ce problème pourrait s’aggraver dans le futur (Pruneau et al., 2008), mais il n’en résulte presque rien en termes d’actions concrètes. Dans son mémoire, Sabine Rabourdin illustre d’une façon très simple, mais évocatrice, la situation :

les gens connaissent le phénomène mais en ignorent les causes. Ils n’en mesurent pas les conséquences, ils n’en connaissent pas bien les origines et ne cherchent souvent pas à en savoir davantage. Mais pourtant, ils savent souvent comment y remédier, sans pour autant traduire dans leur comportement ces connaissances. Ainsi, paradoxalement, bien que les causes soient mal identifiées, les remèdes proposés sont assez réalistes (usage de la voiture, contrôle de la consommation énergétique, …)  (Rabourdin, 2001-2002)

 

Ainsi, l’incompréhension est une explication insatisfaisante pour justifier l’inaction. Bien que tout le monde n’est pas en mesure de saisir les changements climatiques dans toute leur complexité (causes, conséquences), la plupart d’entre nous sommes souvent capables d’identifier des solutions qui pourraient faire de grands changements et plus encore, on nous submerge constamment d’informations qui visent à éveiller notre conscience écologique et nous fournir davantage de connaissances à ce sujet. Comment se fait-il que la prévention ne semble pas avoir l’effet espéré? En fait, on est de plus en plus forcé de constater que « le refus ne peut pas totalement se soigner avec de l’apport de diverses informations, davantage d’information risque aussi d’intensifier le refus [d’agir] » (Rabourdin, 2001-2002).

Samuel Gamelin

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Médiagraphie :
Bee, H. et Boyd, D. (2011). Les âges de la vie, Saint-Laurent, ERPI.

Lammel, A., Dugas, E. et Gutierrez, E. (2012).  L’apport de la psychologie cognitive à l’étude de l’adaptation aux changements climatiques : la notion de vulnérabilité cognitive. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Demers, M. et Khattabi, A. (2008). Éduquer et communiquer en matière de changements climatiques : défis et possibilités.  La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Kerry, J. et Langis, J. (2013). Étude des compétences propices au soin et à la transformation de l’environnement. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Rabourdin, S. (2001-2002). La société face aux changements climatiques : une indifférence durable.

Les dangers d’une ressource vitale au Québec

tableau consommation eau
http://www.william.coop/ZoneInformations/Accueil/FicheArticles/30

La nature a fourni aux êtres vivants une ressource naturelle d’une valeur unique qui permet de maintenir la survie de tous. Malheureusement, l’humanité fait souvent surexploitation de cette ressource unique et nécessaire. Sur terre, l’eau douce est déjà très rare et le devient encore plus. Elle correspond seulement à 2,5% de l’eau sur terre et de cette petite quantité, le deux tiers est emprisonnée sous forme de glacier, donc nous devons prendre le reste dans les eaux souterraines ou les lacs et les rivières. (Consommation de l’eau à la maison, s.d.) Le Québec à lui seul possède 3% de l’eau douce renouvelable de la planète représentée par plus de 4500 rivières et un demi-million de lacs. L’eau potable étant très facilement accessible à la population du Québec en général, crée de mauvaises habitudes dans la société.

Effectivement, la surconsommation de l’eau potable et le gaspillage excessif qui empêche la conservation durable de cette ressource. (L’eau, ressource à protéger, à mettre en valeur, 2000) Chaque jour, nous consommons des quantités immenses chez nous, comme au travail comme si nous avions une ressource inépuisable. (Agostini, 2007) « À l’échelle mondiale, la consommation d’eau a augmenté deux fois plus vite que l’augmentation de la population. »(Surconsommation d’eau, s.d.) La disponibilité des ressources d’eau devient de plus en plus minime, mais ceci n’est pas vu comme l’un des problèmes les plus importants au Québec, puisque nous avons la chance d’avoir de grandes quantités d’eau sur notre territoire. En croyant que nous en avons bien assez pour longtemps, nous n’accordons aucune importance à notre utilisation de l’eau et ne pensons aucunement aux problèmes futurs que cela pourrait causer.  Au Québec, les habitants ont en leur possession énormément d’eau, dépassant même de huit fois la moyenne mondiale. (Surconsommation d’eau, s.d) Donc, nous serions les derniers à dire que nous avons un problème de pénurie d’eau. Par contre, si nous continuons à consommer autant d’eau, soit environ 424 litres par jour pour un québécois en faisant tout simplement des tâches quotidiennes comme le lavage, prendre sa douche, se brosser les dents, et cetera, plusieurs conséquences vont apparaîtres. (Guide CPE responsable, 2012) Une des premières sera l’assèchement des nappes phréatiques. Effectivement, celles-ci sont une des ressources d’eau les plus importantes pour près d’un quart des Canadiens correspondant à leur seule source d’eau potable de leur quotidien. Elle assure également l’approvisionnement pour l’agriculture et pour le côté industriel.05pollution copie.ashxLa contamination de ces eaux souterraines devient un problème même encore plus grand et urgent au Québec et un danger pour tous ceux qui l’utilisent. (Environnement Canada, 2013) Comme l’a mentionné Daphne Ferguson, dans notre entrevue que nous avons effectuée avec elle et Sidney Ribaux, ce serait là le problème le plus important au Québec, étant la pollution de l’eau. Elle mentionne dans l’entrevue que malgré que nous avons plusieurs solutions pour améliorer la qualité de l’eau, nous avons beaucoup de rattrapage à faire même par rapport aux autres villes du Canada. Nous avons plusieurs grandes villes au Québec qui n’ont pas nécessairement les bons systèmes pour traiter l’eau, alors nous, en tant qu’habitants, nous buvons l’eau que nous polluons. Elle mentionne bien sûr que l’eau est traitée, mais que cela n’enlève pas tous les polluants et surtout pas les nouveaux polluants comme les pesticides, les hormones, les médicaments, etc. Ceux-ci ont alors un grand impact sur notre écosystème et bientôt vont certainement avoir un impact sur notre propre santé. Pour terminer, elle conclut en mentionnant que lorsqu’on parle de l’eau, tout le monde pense tout d’abord à la pénurie, qui est un des enjeux importants dans le monde, mais qu’il faut réfléchir aussi et même principalement à la qualité qui est un des enjeux les plus importants au Québec .(Duchesne, 2015) « Des milliers de produits chimiques différents sont utilisés dans la fabrication des biens de consommation courants. Bien souvent, ces produits chimiques se retrouvent dans l’eau, puis rejetés dans l’environnement après que les eaux aient été traitées. En juillet 2001 le ministère de l’Environnement du Québec a publié́ une étude qui démontrait que les eaux usées traitées rejetées dans les cours d’eau demeuraient toxiques. Elles contenaient par exemple des pesticides, des déchets industriels, de l’arsenic, des métaux, des graisses, des diluants à peinture, de l’antigel, de l’huile à moteur, etc. » (Comité de recherche et de sensibilisation d’eau secours, 2006)Il y a aussi l’agriculture qui pollue beaucoup notre eau du Québec avec l’utilisation des fertilisants et les pesticides, très mauvais pour l’environnement. Effectivement, si aucune solution n’est mise de l’avant, cette pollution de l’eau aura un grand impact sur la santé de tous.

http://pixabay.com/fr/eaux-usées-l-eau-la-pollution-310853/
http://pixabay.com/fr/eaux-usées-l-eau-la-pollution-310853/

Plusieurs solutions sont mises de l’avant depuis plusieurs années pour régler ce problème de pollution. Par exemple, le code de gestions des pesticides qui a été mis en vigueur en avril 2006, interdisant l’utilisation de pesticides à moins de 3 mètres d’un cours d’eau. Celui-ci n’est pas très bien respecté dans le milieu agricole et menace quand même de beaucoup les cours d’eau.(Comité de recherche et de sensibilisation d’eau secours, 2006)  De plus, en 2001, le Règlement sur la qualité de l’eau potable est adopté, mais il a subi des modifications au fil des années. Ce Règlement vise surtout la santé publique, car il établit les normes de l’eau potable, le contrôle sur les réseaux de distribution et oblige la désinfection de l’eau provenant d’eaux de surface et souterraines.

Il est dans le devoir des citoyens du Québec de faire attention à ce qu’ils jettent dans l’eau et aux entreprises de trouver de nouveaux moyens de déverser leurs déchets. Les citoyens doivent également apprendre à gérer leur eau et à prendre tous les moyens possibles pour ne pas la gaspiller, car il est clair que l’homme dépend complètement de l’eau pour sa survie, mais aussi pour son bien-être et pour la réalisation de ses activités quotidiennes. Pour cela, d’innombrables solutions peuvent s’offrir à nous, que l’on peut faire à la maison pour réduire notre utilisation d’eau comme par exemple, prendre des douches plus rapides, récolter l’eau de pluie et l’utiliser pour arroser les plantes, garder de l’eau potable dans le réfrigérateur pour éviter le gaspillage d’eau qui coule du robinet,etc.

Comparaisons économie d'eau

 

 

 

 

 

 

Noémie Duchesne

27 avril 2015

 

Portrait de Noémie

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Bonjour, je m’appelle Noémie et je suis étudiante en sciences humaines profil administration au Cégep Gérald-Godin. J’ai une passion pour les voyages et j’aime rester active. On dit de moi que je suis une personne responsable et travaillante, j’aime lorsque le travail est bien fait et qu’il y a une bonne communication à travers les membres de l’équipe. Je fais présentement un travail de recherche sur les responsabilités de l’homme envers les enjeux environnementaux et les défis à venir face à ceux-ci.

Voici un lien qui explique en bref ce que sont les changements climatiques et qui permet facilement de comprendre ce phénomène: http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/changements-climatiques/enjeux-et-recherche/principes-de-base-du-changement-climatique/que-sont-les-changements-climatiques/

Voici un vidéo d’une conférence très intéressante donnée par Al Gore qui est complémentaire à son film sur les changements climatiques qui permet de comprendre la responsabilité de l’homme dans ces changements climatiques.