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L’égalité des sexes sur le marché du travail: première étape à l’entrepreneuriat féminin

Au début du 20ème siècle, les Québécoises ne sont pas prêtes à devenir entrepreneures. Elles intègrent à peine le marché du travail pour assurer la subsistance de leur famille, et ce, dans des conditions considérablement inférieures à celles des hommes. On assiste à la naissance d’une idéologie qui marquera le sort des femmes dans les prochaines décennies : le féminisme. En luttant pour notamment le droit de vote, l’accès à l’enseignement supérieur et l’égalité sur le marché du travail, les femmes ont franchis la première étape à l’entrepreneuriat féminin.

L’arrivée de la femme sur le marché du travail

 

Vers la fin du 19ème siècle, les femmes font leur entrée sur le marché du travail pour faire vivre leurs enfants. Or, à l’époque, on considère que la place de la femme est à la maison, à justement élever ses enfants. Elle doit donc jouer son rôle de mère de famille en plus de tenter de gagner assez d’argent pour aider son mari à nourrir et loger la famille.

Les opportunités de travail les plus courantes sont dans le secteur manufacturier au Québec. Les femmes peuvent notamment y travailler en tant qu’ouvrières dans les industries du textile, du caoutchouc, du vêtement, du tabac et de la chaussure. À Montréal, la main d’œuvre industrielle féminine occupe une place importante. On estime qu’« elles représentent environ 30% des effectifs du secteur manufacturier» (Linteau, Durocher et Robert, 1989, p. 248).

L’autre secteur d’emploi accessible aux femmes est le travail domestique, malgré que ses conditions soient plus difficiles que dans les manufactures. Certaines femmes peuvent aussi occuper certains emplois autrefois réservés exclusivement aux religieuses comme les métiers d’infirmière ou d’institutrice. Cependant, ces emplois sont encore occupés majoritairement par les religieuses, puisque la religion monopolise les domaines de la santé et de l’éducation. Finalement, quelques femmes ont la chance de travailler dans des bureaux ou des commerces, mais en raison de a valorisation de ces carrières, ce sont des postes davantage comblés par des hommes. (Linteau, Durocher et Robert, 1989)

Les injustices salariales et professionnelles

 

Malgré que les femmes aient réussi à se tailler une place dans le marché du travail, surtout lors de la Première Guerre mondiale et lors de la Seconde Guerre mondiale, leurs conditions demeurent inférieures à celles des hommes. Les travailleuses sont concentrées dans les secteurs les moins payés. Leurs salaires sont considérablement plus bas que ceux de leurs homologues masculins, correspondant même à la moitié de ceux-ci dans le secteur manufacturier. (Linteau, Durocher et Robert, 1989)

 

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Source: Musée McCord. Fait par Aislin (alias Terry Mosher)

 

De plus, les femmes n’ont pas accès à de nombreuses professions bien payées, puisque ces dernières exigent des études supérieures. La lutte pour l’accessibilité à l’enseignement supérieur dans les universités québécoises débute dans les milieux anglophones vers la fin du 19ème siècle afin que les femmes aient l’opportunité d’obtenir d’autres spécialités que celle offerte par l’école normale. Ces revendications porteront leurs fruits au niveau des études, mais tarderont à offrir aux femmes une véritable place au niveau professionnel. Ce ne sera qu’en 1930 que les femmes auront le droit de pratiquer la médecine et la comptabilité. (Linteau, Durocher et Robert, 1989)

Des conditions essentielles à la naissance de l’entrepreneuriat féminin

 

Le féminisme a contribué à l’établissement de conditions essentielles à la naissance de l’entrepreneuriat féminin. L’entrée des femmes sur le marché du travail est véritablement le premier pas vers l’émergence de l’entrepreneuriat chez les femmes. Elle est à la base de l’autonomie financière, critère incontournable chez l’entrepreneure. Le travail rémunéré passe du statut de nécessité pour certaines femmes responsables du bien-être familial, au statut de droit, offrant liberté et indépendance aux travailleuses (Dumont et Toupin, 2003).

En lien avec cette arrivée sur le marché du travail, on peut considérer les revendications féministes en termes de conditions de travail et de salaire comme deuxième condition favorisant l’entrepreneuriat féminin. Elles permettent notamment, en 1919, qu’une loi sur le salaire minimum des femmes soit votée par le gouvernement (Linteau, Durocher et Robert, 1989). De meilleures conditions de travail permettent aux travailleuses de s’épanouir en acquérant de l’expérience, des connaissances, des savoirs faires et des savoirs êtres transférables dans la création d’entreprise.

Les revendications juridiques en matière de droit de vote et de statut juridique de la femme forment également une troisième condition essentielle à la naissance de l’entrepreneuriat. La femme mariée ne peut rien administrer et est soumise à l’autorisation de son mari pour de nombreuses actions politiques, sociales et financières importantes. Elle ne peut même pas disposer d’un compte bancaire personnel, droit qui sera acquis beaucoup plus tard (Linteau, Durocher et Robert, 1989). L’obtention du droit de vote en 1940 permettra aux Québécoises de faire partie des décisions de l’État en votant pour ceux qui représenteront le mieux leurs intérêts économiques et sociaux. Les femmes acquièrent un pouvoir d’influence et une légitimité sociale, des caractéristiques importantes pour devenir entrepreneures.

La dernière condition favorisant l’émergence de l’entrepreneuriat féminin est la création d’associations de femmes. De nouvelles associations de nature politique, économique, professionnelle et éducative permettent aux femmes de faire valoir leurs revendications, notamment en termes d’égalité professionnelle (Dumont et Toupin, 2003). Elles leur permettent aussi de partager leurs expériences, comme dans les réseaux d’entrepreneures d’aujourd’hui. Le partage et l’entraide amenés par ces associations sont essentiels à l’entrepreneuriat féminin.

L’égalité des sexes sur le marché du travail est-elle atteinte aujourd’hui?

 

Malgré ce que l’on pourrait croire, l’égalité des sexes sur le marché du travail n’est pas totalement atteinte aujourd’hui. Il existe encore des inégalités salariales, bien que les écarts soient considérablement moins élevés que ceux auxquels les femmes ont dû faire face au début du 20ème siècle. Il existe aussi d’autres inégalités au niveau social qui ont un impact sur l’avancement professionnel des Québécoises. (Conseil du statut de la femme, 2013)

Afin de mieux comprendre en quoi l’égalité n’est pas encore atteinte, voici une vidéo du Conseil du statut de la femme :

En conclusion, lorsque nous aurons véritablement atteint l’égalité des sexes, grâce au féminisme notamment, cela aura un impact considérable sur l’entrepreneuriat féminin. Les réalités des hommes et des femmes entrepreneurs deviendront plus similaires et ces conditions pourront véritablement favoriser le développement de l’entrepreneuriat au Québec.

Adriane Paquin-Côté

Médiagraphie

Livre

DUMONT, Micheline et Lise TOUPIN, La pensée féministe au Québec. Anthologie (1900-1985), Montréal, Les éditions du remue-ménage, 2003, 750 p.

LINTEAU, Paul-André, René DUROCHER et Jean-Claude ROBERT. « La situation des femmes » dans, Histoire du Québec contemporain, De la Confédération à la crise (1867-1929), Tome 1, Montréal, Les éditions du Boréal, 1989, pp.245-254, 587-598, 609-621.

Portrait: Adriane Paquin-Côté

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Source: Adriane Paquin-Côté

Bonjour,

Je m’appelle Adriane. Je suis étudiante dans le profil administration du programme des sciences humaines du Cégep Gérald-Godin.

On me qualifie souvent d’étudiante travaillante, déterminée, polyvalente et minutieuse.  Je suis une personne aux multiples intérêts et je valorise grandement le développement de la culture générale chez l’individu.

Dans le cadre de mon cours de Démarche d’intégration des acquis des sciences humaines, j’ai décidé d’aborder une cause qui me tient à cœur: L’entrepreneuriat chez les femmes au Québec.

Afin de vous familiarisez avec le sujet, je vous propose de jeter un coup d’oeil à cet article rédigé par un organisme d’aide aux femmes entrepreneures, Femmessor. Vous pourrez y trouver des informations sur quelques caractéristiques de l’entrepreneuriat féminin ainsi que sur l’organisme Femmessor-Montérégie.

Voici également une entrevue donnée par Gérald Fillion pour RDI (Radio Canada). L’invitée de cette émission, Jocelyne Munger, est la cofondatrice et directrice générale de Mon projet d’affaires, le premier organisme québécois ayant pour mission de développer l’entrepreneuriat féminin en offrant aux femmes une approche de « coaching d’affaires ».

J’espère que, tout comme moi, vous prendrez plaisir à découvrir l’entrepreneuriat féminin québécois. C’est un enjeu important dans notre société et vous n’avez pas fini d’en entendre parler.