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Retard entrepreneurial du Québec : Que peut-on faire?

Le Québec fait mauvaise figure par rapport au reste du Canada, en ce qui a trait à l’entrepreneuriat. L’indice entrepreneurial, calculé par la fondation de l’entrepreneuriship, indique qu’au Qubébec, 33,6% des 35 ans et moins on l’intention de se lancer en affaire, contre 47,2% dans le reste du Canada (Fondation de l’entrepreneurship, 2014). Or, comment changer cette tendance? Certaines villes du monde, et même quelques localités québécoises, se démarquent par leur audace, et par ce désir d’avoir une forte culture entrepreneuriale. Ainsi, il est intéressant de se pencher sur ces initiatives, afin de possiblement calquer ces modèles de réussite sur le Québec, ou du moins, s’en inspirer.

Singapour, un pays d’un peu plus de cinq millions d’habitants (Larousse, s.d.), se distingue par le fait qu’elle met en place un réseau important de mentorat pour soutenir ses membres. Des mentors, qui sont formés dans des universités, apprennent à aider de jeunes entrepreneurs, et les motivant et en posant des questions (Morin, 2013). Selon la Banque Mondiale, et son indice Doing Buisness, qui classe les pays selon la facilité à faire des affaires, c’est Singapour qui occupe le premier rang (Banque mondiale, 2014). Ainsi, cette approche de mentorat semble être porteuse de succès.

La ville de Singapour est un exemple de dynamisme entrepreneurial  Source :http://pixabay.com/p-255116/?no_redirect
La ville de Singapour est un exemple de dynamisme entrepreneurial
Source :http://pixabay.com/p-255116/?no_redirect

Selon Rina Marchand, l’experte interrogée dans le cadre de cette recherche, Lotbinière et Shawinigan sont des exemples de localités ayant une forte culture entrepreneuriale. Lotbinière met en place des outils pour favoriser la culture entrepreneuriale dès le jeune âge. Elle incite ainsi les classes à développer des projets à saveur entrepreneuriale. Cette expérience est certainement enrichissante puisqu’elle accroît la confiance, l’estime de soi, la motivation scolaire, la connaissance de soi et elle éveille les qualités entrepreneuriales des jeunes. Ainisi, les étudiants sont formés très tôt sur les concepts fondamentaux des entreprises (Rollin, Daigle, Lemay, 2011). À Shawinigan, selon Rina Marchand, toutes les instances travaillent en collaboration pour créer une forte culture d’entrepreneurs.


Comme le montre la vidéo ci-dessus, Lobtbinière est très active pour promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes. En effet, elle met en place des initiatives pour créer un premier contact dès l’école primaire.

Le Québec prône davantage des idéologies d’interventionnisme. Or, cela se traduit par des taux d’imposition particulièrement élevés. Évidemment, de tels taux d’imposition peuvent décourager des entrepreneurs à bâtir des entreprises au Québec puisque le reste du Canada offre des taux beaucoup plus intéressants. Un taux d’imposition plus élevé décourage la croissance des entreprises. De plus, certains projets sont abandonnés, faute d’une trop lourde fiscalité (Petkantchin, 2005). En contrepartie, le Québec est particulièrement généreux au niveau des subventions. En effet, sur les 287 milliards accordées en subvention au Canada de 1980 à 2009, 40% provenaient du Québec. Prônant l’interventionnisme, le gouvernement intervient dans les mécanismes économiques. Or, il semble avoir un consensus chez les économistes en ce qui a trait aux subventions. Elles sont perçues comme un « malinvestissemnt », qui favorise artificiellement des secteurs. En effet, en intervenant, le gouvernement contrevient aux lois du libre marché. En effet, un gouvernement qui accorde une subvention à une entreprise l’avantage certainement par rapport à ses concurrents. De plus, si le gouvernement subventionne un secteur en particulier, il oriente artificiellement le choix des consommateurs vers ce secteur (Elgrably, 2006). Ainsi, les subventions sont mal perçues par les économistes. D’ailleurs, le Président du Conseil du patronat du Québec, M. Yves-Thomas Dorval soutient que l’on pourrait amputer les subventions de 50 à 75% au Québec, et il affirme que cela n’aurait aucun impact (ARGENT, 2010).

Ainsi, lorsqu’on se questionne par rapport aux solutions pour pallier au retard entrepreneurial, plusieurs solutions sont envisageables. Lorsque nous avons questionné Rina Marchand, la directrice principale, Développement des contenus et innovation à la Fondation de l’entrepreneurship, celle-ci était catégorique : le jumelage entre de jeunes entrepreneurs et des entrepreneurs expérimentés permet de créer une culture entrepreneuriale. En effet, selon elle, l’accompagnement et la création de solides réseaux de contacts sont essentiels. C’est ce que Singapour a concrétisé. Le projet d’éveil entrepreneurial peut certainement être une piste à examiner pour créer cet éveil. Finalement, l’avis des économistes semble être clair : le gouvernement devrait réexaminer son approche. Pour favoriser l’entrepreneuriat, des subventions moins généreuses et des impôts plus bas pourraient favoriser la création d’entreprises.

Maxime Gauvin

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Articles

ARGENT, « Le Québec, champion des subventions aux entreprises », Argent, 15 mars 2010, [En ligne], http://argent.canoe.ca/nouvelles/affaires/le-quebec-champion-des-subventions-aux-entreprises-15032010 (Page consultée le 19 avril 2015)

MORIN, Marie-Claude. « Comment le Brésil et Singapour innovent pour stimuler l’entrepreneuriat », Les affaires, 12 janvier 2013, [En ligne], http://www.lesaffaires.com/archives/generale/comment-le-bresil-et-singapour-innovent-pour-stimuler-l-entrepreneuriat/553003 (Page consultée le 20 mars 2015)

BANQUE MONDIALE, « Classement des économies », Banque mondiale, [En ligne], http://francais.doingbusiness.org/rankings (Page consultée le 19 mars 2015)

Documents

ELGRABLY, Nathalie. Les subventions aux entreprises sont-elles efficaces ?, [En ligne], 2006, http://www.iedm.org/files/juin06_fr.pdf (Page consultée le 21 avril 2015)

FONDATION DE L’ENTREPREUNEURSHIP. Indice entrepreneurial québécois 2014, [En ligne], 2014, http://www.entrepreneurship.qc.ca/sites/default/files/docs/analyses/IEQ_CDP_2014_RapportComplet_11x8-5_VF-9.pdf (Page consultée le 20 mars 2015)

PETKANTCHIN, Valentin. Les obstacles à l’entrepreneuriat au Québec, [En ligne], 2005,  http://www.iedm.org/files/dec05_fr.pdf (Page consultée le 20 mars 2015)

ROLLIN, Joanie, et al. Entreprendre ici à l’école, [En ligne], 2011, http://www.vivreenlotbiniere.com/upload/vivre/editor/asset/EIL/EIL_ecole_web2.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

Ouvrage de référence

« Singapour », Larousse, [En ligne], http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Singapour/144420 (Page consultée le 20 avril 2015)

Les causes et conséquences de la pauvreté chez les Autochtones du Canada

La répartition des Autochtones au Canada (Affaire autochtones et développement du Nord Canada, 2011)

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Pour commencer, dans le but de bien comprendre les conséquences liées à la pauvreté des Autochtones, il faut tout d’abord comprendre pourquoi ils sont dans cette situation dès le départ. Dans cet article, je ferais le point sur les causes de la pauvreté chez les Autochtones et ainsi des conséquences de cette pauvreté sur ce peuple.

Toutes les causes reliées à cette pauvreté remontent à une seule loi instaurée en 1876. De cette loi découlent toutes les autres causes en lien avec la pauvreté. Donc pour que vous compreniez bien la situation, il faut comprendre ce qu’est la loi des Indiens puisque cette loi brime toute la liberté des Autochtones et ne leur permet pas de sortir de leur pauvreté. La loi sur les Indiens, appelée autrefois la loi des Sauvages, a été instaurée en 1876 et elle reconnait les Autochtones comme des citoyens mineurs. Ce que cela signifie c’est que même s’ils ont plus de 18 ans, ils seront toujours considérés comme des mineurs, donc des personnes de moins de 18 ans. Au niveau politique, cela signifie qu’ils n’ont pas de pouvoir devant la loi. Le seul pouvoir qu’ils ont, et ils l’ont obtenu en 1969, c’est le droit de vote. En fait, la loi sur les Indiens ne leur donne, comme dit plus haut, très peu et même pas de liberté. Par exemple, les bungalows, qui sont mis à la disposition des Autochtones par le gouvernement, ne leur appartiennent pas. Donc, si le propriétaire du bungalow meurt, ce dernier ne revient pas aux enfants du propriétaire, le bungalow retourne au gouvernement et celui-ci lui assigne un nouveau propriétaire. La raison pour laquelle ils ne peuvent pas s’acheter une maison est très simple : ils n’ont pas la permission d’emprunter à la Banque donc ils n’ont pas d’hypothèque, etc. Le fait qu’ils ne peuvent pas emprunter à la Banque leur est très fatal au niveau économique. Par exemple, un jeune autochtone, qui décide qu’il est a marre de vivre dans des conditions de pauvreté, aimerait partir une compagnie forestière dans le but de faire fleurir l’économie des réserves. Ce jeune n’a aucune chance de démarrer son entreprise puisqu’il ne peut pas emprunter à la Banque, donc il ne peut pas investir dans sa nouvelle entreprise. De plus, il y a aussi la question du territoire. En fait, cela signifie que les terres des réserves ne leur appartiennent pas. Elles appartiennent à la Couronne. Si les Autochtones veulent couper un arbre, ils doivent demander la permission au ministre des Affaires indiennes. Si les Autochtones veulent faire des réparations dans leur petit bungalow, ils doivent demander la permission au ministre des Affaires indiennes et ainsi de suite. Ils ne peuvent donc rien décider sur le territoire qu’ils occupent puisque celui ne leur appartient pas. Avec cette loi mise en place, il devient très difficile pour les Autochtones du Canada de se sortir de la misère et même de tout simplement vivre sans que le gouvernement intervienne.

Après avoir compris d’où provenait la pauvreté chez les Autochtones, il faut maintenant comprendre les conséquences liées à cette pauvreté. Les conséquences sont donc les mêmes que chez les allophones. Une des conséquences serait les dépenses excessives dans « l’amusement, les vidéos, les bingos » (Desmarais, 1993). Ensuite, il y a beaucoup de violence des parents envers leurs enfants. Ces jeunes victimes de violence durant leur enfance sont donc grandement à risques et c’est de cette violence qu’apparaissent tous les problèmes sociaux chez les autochtones. Les parents n’inculquent pas les valeurs reliées à la réussite scolaire ou reliées aux effets néfastes de l’alcool et de la drogue chez leurs enfants, puisque les parents n’ont jamais connu ces valeurs et prennent de la drogue et de l’alcool pour fuir leurs propres problèmes de pauvreté. Le décrochage scolaire est donc un déterminant dans la pauvreté des autochtones. Par exemple, dans une école secondaire de 250 élèves, seulement 5 parmi les 250 obtiendront leur diplôme de fin d’études secondaires (Laferté, 2015). Ceux-ci n’étant pas assez éduqués, ils n’ont donc pas les critères requis pour avoir un emploi avec un revenu qui empêcherait la pauvreté chez les générations futures des autochtones : « le taux d’échec et d’abandon scolaire est en général supérieur de 250 % à 300 % à la moyenne québécoise chez les autochtones » (Larose, 2005). L’alcool et la drogue sont aussi présents chez les jeunes, car ceux-ci « veulent être ailleurs, veulent rêver à autre chose » (Desmarais, 1993) et aussi « parce que les gens boivent pour oublier le milieu dans lequel ils vivent et leur misère » (Desmarais, 1993). L’autre moyen utilisé pour s’évader de la misère dans laquelle ils vivent c’est par le suicide. Le taux de suicide est anormalement élevé chez les autochtones (5 à 8 fois plus) (Aubry, 2002). La pauvreté des autochtones est bien évidemment en lien avec le manque de travail dans les réserves qui est aussi directement lié à la loi des Indiens. Il n’y a donc « à peu près pas de possibilités de développement économique, pas de commerces, pas d’institutions » (Desmarais. 1993).

Pour finir, la pauvreté chez les Autochtones entraîne aussi beaucoup de problèmes reliés à leur santé. Elle est « associée à un risque accru de maladies chroniques, de blessures, de mauvais développement infantile, d’un éventail de problèmes de santé mentale (stress, anxiété, dépression et manque d’estime de soi), et de mort prématurée » (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, s.d.). Il faut donc que les Autochtones agissent et rapidement dans le but d’avoir de meilleure condition de vie.

Jennifer Ryter

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AUBRY, Nicole. Les jeunes Autochtones du Québec, VHS, 50 min. Enjeux, SRC, 2002.

Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, La pauvreté: un déterminant social de la santé des Premières Nations, Inuit et Métis, [En ligne], http://www.ccnsa.ca/docs/french%20fact%20sheets/social%20determinants%20fact%20sheets/1689_NCCAH_fs_poverty_FR_V2.pdf

 DESMARAIS, Danielle. Violence familiale, pauvreté et autonomie politique : défis des femmes autochtones québécoises : entrevue avec Michèle Rouleau, Nouvelles pratiques sociales, vol. 6, n° 1, 1993, p. 15-31.

 LAROSE, François. La résilience scolaire comme indice d’acculturation chez les autochtones: bilan de recherché en milieu innus, Revue des sciences de l’éducation, Vol. XXVII, n°1, 2005, p.151 à 180.

Entrepreneurs et économie : un duo indissociable

On dit que l’entrepreneuriat est à la base de la création de richesses. Dressons une légère analyse économique pour comprendre de façon plus concrète les effets d’une forte culture entrepreneuriale. Ainsi, nous serons en mesure de comprendre l’importance de entrepreneurriat.

Lorsque l’on jumèle l’indice de la facilité à faire des affaires, créé par le projet Doing Buisness de la Banque mondiale avec le PIB par habitant, un second indice certainement très pertinent qui est un indicateur de la richesse produite par personne dans un pays, nous obtenons des résultats plutôt intéressants. En effet, il semble y avoir une corrélation entre le PIB par habitant et l’indice de la Banque mondiale, car 5 des 10 pays ayant le plus haut PIB par habitant se retrouvent parmi les 10 économies où il est le plus facile de faire des affaires (Banque mondiale, 2013). De plus, en examinant les données sur le taux d’emploi, on peut affirmer que sur les 20 pays ayant le plus haut taux d’emploi, 13 se retrouvent des le palmarès des 20 économies où il est le plus facile de faire des affaires selon l’indice de la Banque mondiale. Ainsi, il semble y avoir une corrélation positive entre l’indice de la facilité à faire des faires, le PIB par habitant et le taux d’emploi.

Ainsi, l’entrepreneuriat est ainsi le moyen de créer une prospérité économique. Ainsi, lorsque l’on se questionne à savoir si le Québec génère suffisamment d’entrepreneurs, il serait intéressant d’examiner la situation économique du Québec. Le Québec, en ce qui a trait au PIB par habitant, est sous la moyenne de l’OCDE (différence de 6,5%), et également sous la moyenne de l’Union européenne (différence de 8%) (CIRANO, 2015).

Ainsi, il semble clair que le Québec accuse un certain retard sur les pays industrialisés. Encourager l’entrepreneuriat est certainement une façon de rattraper cet écart.

L’entrepreneuriat a, certes, de puissances vertus économiques. Or, recourir aux mécanismes du marché a certaines vertus sociales. En effet, comme le soulignait Rina Marchand de la Fondation de l’entrepreneurship, on voit l’émergence d’une nouvelle façon d’entreprendre : l’entrepreneuriat social. L’entrepreneuriat social crée des entreprises ayant principalement deux objectifs : faire des profits et changer le monde. Pour mieux comprendre le phénomène, on ne peut passer sous silence l’entreprise TOMS Shoes. Blake Mycoskie a fondé une entreprise avec l’idée que pour chaque paire de souliers vendue, TOMS Shoes en donnerait une à des gens dans le besoin. En 2006, TOMS vendait 10 000 paires. En 2010, soit 4 ans plus tard, l’entreprise avait remis un total d’un million de paires (Taylor, 2012). Au Québec, Catherine Rintoul, celle qui est à l’origine de la plateforme Provender, est l’une de ces entrepreneurs qui ont un impact social. Provender se veut comme étant le seul intermédiaire entre les vendeurs et les commerçants. Les intermédiaires étant ainsi limités à un seul, cela permet aux producteurs de faire des plus grosses marges et cela favorise ainsi la relève agricole (Bérard, 2015). L’entrepreneuriat social est donc une seconde façon d’entreprendre.

Blake Mycoskie, fondateur de TOMS Source : Sternberg, 2010,https://www.flickr.com/photos/revolute/5014619086/in/photostream/
Blake Mycoskie, fondateur de TOMS
Source : Sternberg, 2010,https://www.flickr.com/photos/revolute/5014619086/in/photostream/

Entreprendre crée de la richesse, et cela peut également, selon l’entrepreneur, créer un impact social. Le Québec aurait tout avantage a encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes, pour créer une prospérité économique, et possiblement, changer le monde.

Vidéo réalisé par Investissement Québec pour attirer les entrepreneurs du monde entier. Cela montre que les entrepreneurs sont importants pour bâtir une économie solide et que le gouvernement est conscient que l’entrepreneuriat est un enjeu important.

 

 

Maxime Gauvin

 

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Articles

BANQUE MONDIALE, « Classement des économies », Banque mondiale, [En ligne], http://francais.doingbusiness.org/rankings (Page consultée le 19 mars 2015)

BÉRARD, Diane. «Entrepreneuriat social, naissance de l’écosystème québécois», Les affaires, 21 mars 2015, [En ligne] http://www.lesaffaires.com/strategie-d-entreprise/entreprendre/entrepreneuriat-social/577161 (Page consultée le 20 avril 2015)

CIRANO. « PIB et croissance économique », dans CIRANO, Le Québec économique, [En ligne], http://qe.cirano.qc.ca/theme/activite_economique/pib_et_croissance_economique

TAYLOR, Kate. « 6 Entrepreneurs Who Turned Service Into A Career », Forbes, 18 juin 2012, [En ligne], http://www.forbes.com/sites/katetaylor/2012/06/18/6-entrepreneurs-who-turned-service-into-a-career/ (Page consultée le 25 avril 2015)

Entretien avec Rina Marchand (Fondation de l’entrepreneurship) sur l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes

Afin de réaliser cet étude, nous avons fait appel à la directrice principale, contenu et innovation à la Fondation de l’entrepreneurship afin qu’elle puisse donner sa vision de l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes.

La Fondation de l’entrepreneurship a pour mission de valoriser la culture entrepreneuriale et de stimuler l’entrepreneuriat au Québec.

L’experte interrogée a une expertise de pointe dans le domaine. Elle oeuvre à la Fondation depuis 2008, où elle a d’ailleurs occupée le poste de directrice des communication et mise en marché. Notons également qu’elle dispose d’impose d’un diplôme du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en entrepreneuriat.

Nous avons d’abord questionné notre experte sur les différences entre les femmes et les hommes entrepreneurs. Il semble que partout à travers le monde, il y ait une prépondérance d’hommes qui sont en affaires. Or, elle a toutefois souligné que lorsque qu’on questionne les hommes et les femmes sur leurs intentions d’entreprendre, on remarque que, chez les femmes, il y a une plus forte proportion de ceux qui avait l’intention d’entreprendre qui passent à l’action, contrairement à leurs comparses masculins. Un second constat que Rina Marchad a tenu à souligner que les femmes entreprennent plus par « nécessité » que par opportunité. Comme le mentionne Marchand, « Plutôt que de dire “j’ai une bonne idée d’affaires”, souvent elles vont se lancer parce qu’elles n’ont pas le choix pour sécuriser leurs revenus ». Ainsi, à l’instar des hommes, elles ont parfois moins une vision de croissance.

Au Québec, on assiste à un essor de l’entrepreneuriat féminin. Selon Mme Marchand, cela est attribuable é l’émergence de groupe de soutient pour les femmes. De plus, des études montrent que cet essor est également en lien avec les mentalités des nouvelles générations d’entrepreneurs, à savoir la génération C (nés entre 1984 et 1996). Cette génération semble voir moins de risques et se lance ainsi plus facilement en affaires.

Nous nous devions de questionner la directrice par rapport à la suffisance des mesures d’encouragement mises en place par le gouvernement québécois. Mme Marchand a tenu a tous doivent mettre des efforts en soulignant au passage que même les dirigeants des petites localités doivent encourager l’entrepreneuriat. Or, elle a tout de même mentionnée le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse, une initiative qui relève directement du Premier Ministre, et qui semble avoir favorisé un bon nombre d’activités entrepreneuriales. Selon elle, la clé pour favoriser l’entrepreneuriat est l’accompagnement.

Il semble toutefois qu’il y ait moins de mesures qui cible directement les femmes et que certains efforts seraient ‘il y a eu des efforts de faits pour que les femmes aillent dans tous les métiers possibles, mais ont dirais que quand vient le temps de parler d’entrepreneuriat il y a peut-être certains efforts qui sont à mettre ».

Le Québec accuse un retard entrepreneurial par rapport au reste du Canada. Selon elle, la langue pourrait être une barrière, mais il semble que cela soit une question de culture. En effet, les Québécois sont, certes, très créatifs, mais il apparaît qu’ils ont peur du risque. Cependant, comme le mentionnant Mme Marchand, les nouvelles générations sont prêtes à risquer davantage. On remarque toutefois que cette génération C semble davantage exister pour réaliser une passion que pour remplir un besoin, et selon Rina Marchand, il s’agit là du danger chez cette nouvelle génération.

Finalement, elle nous fait des exemples à suivre. Au Québec, Shawinigan et Lotbinière ont su dynamiser l’entrepreneuriat. Au niveau mondial, Singapour, malgré sa petite taille, a mis en place un système remarquable où les entrepreneurs sont encadrés par d’importants réseaux. Lyon, en France, a une forte culture entrepreneuriale puisque les universités en font une promotion active et on y tient dans cette ville le World Entrepreneurship Forum.

Le hockey maintenant, il n’y a plus un jeune qui n’ait pas une paire de patins dans les pieds en naissant. On va les accompagner, on va les amener aux pee-wee, les bantam etc., mais pourquoi ça ne serait pas comme ça en entrepreneuriat ? Pourquoi on ne serait pas aussi heureux d’accompagner nos jeunes là-dedans?

Au Québec, les médias semblent accorder de plus en pus d’importance aux entrepreneurs et il semble naître un certain vedettariat. Heureusement, il y a un vent de changement, mais il est plus « timide » chez les femmes.

Maxime Gauvin

Adriane Paquin-Côté

Comment se porte la santé entrepreneuriale au Québec?

Il est plutôt évident que l’entrepreneuriat est ce qui crée la richesse. En effet, l’entrepreneuriat est à la base du dynamisme économique. Ce sont les entrepreneurs, qui par leurs inventivités, font prospérer les nations. Ainsi, la santé entrepreneuriale est particulièrement importante. De plus, il faut certainement ajouter que la population est vieillissante. Il s’agit donc d’un enjeu particulièrement important pour la pérennité de la culture entrepreneuriale. En effet, on estime que d’ici 2031, alors que 20% de la population aura moins de 30 ans, c’est 26% qui auront plus de 65 ans (Institut de la statistique du Québec, 2013).

Au Québec on remarque que de nombreuses initiatives ont été mises en branle. Notons l’instauration du parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux de l’école de Hautes Études commerciales de Montréal qui ne vise rien de moins que de « créer » de nouveaux entrepreneurs (HEC, s.d.).  On ne eut également pas passer sous silence l’école entrepreneurship de Beauce, fondée en 2010, est une institution qui a acquis un certain auprès auprès de la communauté entrepreneuriale. L’école, fondée par des entrepreneurs, offre différents programmes aux dirigeants pour leur permettre une progression optimale (École d’entrepreneurship de Beauce, s.d.).

L’école d’entrepreneurship de Beauce.  Source : Enseigne EEB, 2011, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/df/Enseigne_EEB.JPG

Ainsi, il ne fait nul doute que des actions sont mises en place pour dynamiser l’entrepreneuriat. Toutefois, qu’en est-il de la santé entrepreneuriale du Québec? Le Québec est-il un exemple à suivre, ou est-ce que la province devrait en faire davantage?

Pour répondre à cela, il est pertinent de d’abord comparer le Canada au reste du monde. La Banque mondiale propose un indice composite particulièrement intéressant, appelé l’indicateur de la facilité à faire des affaires. L’indice est composé dix sous-indices, tels que l’indice de création d’entreprises, l’indice de paiement des taxes et impôts ou celui du règlement de l’insolvabilité. Alors que Singapour, la République administrative spéciale de Hong Kong et la Nouvelle-Zélande se classent parmi les trois économies en tête, le Canada se classe en 16e position. Le Canada arrive toutefois en 2e position dans la catégorie de la création d’entreprises (procédures, délais) (Banque mondiale, 2014).

Qu’en est-il de la position du Québec? En 2002, le Québec se classait en dernier rang en ce qui a trait à la liberté économique. L’indice entrepreneurial de la fondation de l’entrepreneurship est un outil ayant acquis une solide réputation. Le plus récent indice entrepreneurial, à savoir l’indice de 2014, nous indique qu’au Québec c’est 33,6% des jeunes (moins de 35 ans) qui ont l’intention d’entreprendre comparativement à 47,2% dans le reste du Canada. Or, on remarque toutefois une nette augmentation, car en 2013, 25,0% des Québécois des moins de 35 ans avaient des intentions entrepreneuriales (Fondation de l’entrepreneurship, 2014).

Toutefois, une récente étude sur la situation entrepreneuriale québécoise réalisée dans le cadre du Global Entrepreneurship Monitor révèle parmi tous les pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), c’est au Canada où l’entrepreneuriat est le plus valorisé. De plus, 79,1% des Québécois considèrent que l’entrepreneuriat est un bon choix de carrière, contre 50,5% dans le reste du Canada (Duhamel, 2015).

Nous pouvons ainsi conclure que le Canada valorise l’entrepreneuriat. Toutefois, le Canada semble être une région où des améliorations pourraient être nécessaires pour améliorer la facilité à faire des affaires. En ce qui a trait au Québec, il semble y avoir un certain retard par rapport au reste du Canada, en ce qui a trait aux intentions entrepreneuriales. Force est du constater qu’il y a eu une très forte progression durant la dernière année. En effet, cette remarquablement progression de plus de 8% est signe que l’entrepreneuriat chez les jeunes semble être de plus en plus présent.

Maxime Gauvin

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Articles

BANQUE MONDIALE, « Classement des économies », Banque mondiale, [En ligne], http://francais.doingbusiness.org/rankings (Page consultée le 19 mars 2015)

DUHAMEL, Pierre, « Le Québec, un champion mondial de l’entrepreneuriat », L’Actualité, [En ligne], http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/le-quebec-un-champion-mondial-de-lentrepreneuriat/ (Page consultée le 27 avril 2015)

HEC MONTRÉAL, «Parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux Attestation d’excellence», dans HEC MONTRÉAL., B.A.A., [En ligne], http://www.hec.ca/etudiant_actuel/mon_programme/baa/perm/ (Page consultée le 22 avril 2015)

Document

FONDATION DE L’ENTREPREUNEURSHIP. Indice entrepreneurial québécois 2014, [En ligne], 2014, http://www.entrepreneurship.qc.ca/sites/default/files/docs/analyses/IEQ_CDP_2014_RapportComplet_11x8-5_VF-9.pdf (Page consultée le 20 mars 2015)

Publication gouvernementale

QUÉBEC, INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, Le bilan démographique du Québec, Québec, Institut de la statistique du Québec, 2013, p.15.