Archives de catégorie : Environnment

Éditorial : L’homme est-il responsable de son environnement ?

Les enjeux climatiques sont un phénomène qui touche la population mondiale. Entre catastrophes naturelles, politiques environnementales, désavantages économiques, partage des ressources naturelles, la conscientisation de la communauté internationale et beaucoup d’autres perspectives, cet enjeu ne fait que prendre de l’ampleur. Chaque année la situation évolue, nous arrivons bientôt à point de non retour. Les conséquences causées par notre mode de vie matérialiste et industriel deviennent de plus en plus importantes et dangereuses pour notre future vie sur terre. Effectivement, les plus récentes études concernant le réchauffement climatique ne semblent pas dresser le portrait d’une situation qui va en s’améliorant, mais bien d’un scénario catastrophe. En effet, les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir et traduisent bien l’importance du sujet. Parmi celles-ci, il y a l’amplification en intensité et en nombre des catastrophes naturelles à l ‘échelle mondiale : ayant passées de 50 par années entre 1970 et 1985 à 120 en 1995 et plus de 400 en 2010.

Également, les changements climatiques correspondent à un facteur supplémentaire d’inégalité et de disparité dans le monde. Les populations des pays les plus pauvres sont les plus vulnérables face à ses changements, alors qu’ils sont les moins responsables. Ils ne peuvent pas se préparer et parvenir à s’adapter aux changements, alors que ceux-ci accentuent leurs situations précaires comme la sécurité alimentaire, l’accès aux soins, à l’eau, etc. Ces populations sont malheureusement les premières victimes des actuels et futurs changements climatiques. Ils en souffrent déjà depuis longtemps avec la répartition inégale de l’eau partout dans le monde. Ils doivent travailler fort et parfois marcher des kilomètres simplement pour parvenir à obtenir une source aussi vitale qu’est l’eau. À mon avis, c’est une très grande injustice de priver des populations d’une ressource vitale, de la rendre difficile à obtenir et même parfois offrir de la mauvaise qualité et les rendre malades. L’accès à l’eau potable est un droit naturel et tout le monde devrait pouvoir y accéder facilement.

http://pixabay.com/fr/monde-squeeze-planète-environnement-303376/
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Comment se fait-il que les occidentaux, en sachant que leur mode de vie à de graves répercussions, sont très peu enclin au changement ? Notre éducation environnementale est-elle à mettre à jour ? Devons-nous blâmer le bien-être de notre société de consommation ? Une chose est clair : nous sommes conscients de tous les changements qui s’opèrent sur notre planète, mais très peu de gens vont s’engager à changer leur mode de vie afin d’améliorer la situation. D’après nous, l’homme ne peut nier sa part de responsabilité dans les changements climatiques. L’industrialisation, par exemple, ne s’est pas fait sans son implication. Ceci nous amène à penser au débat qui entoure les enjeux climatiques où certains soutiennent qu’il est trop tard pour changer les choses, tandis que d’autres affirment que grâce aux avancées technologiques nous devrions être capable de modifier nos habitudes environnementales. Bien évidemment, les individus ont besoin d’exemples sur lesquels se baser. Le gouvernement du Canada, par exemple, a été le premier a se retirer du protocole de Kyoto ce qui est du jamais vu. C’est dommage, car nous avons peu de temps pour agir et changer nos habitudes, mais nous ne sommes aucunement encouragés par notre gouvernement.

Bilan de l’année 2014 par Équiterre

 

Noémie Duchesne Stéphanie LeBel et Samuel Gamelin

 

La pénurie mondiale de l’eau

Manque d'eau potable
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Digging_for_drinking_water_in_a_dry_riverbed_(6220146368).jpg

Aujourd’hui, l’eau est utilisée par 7 milliards de personnes dans le monde.(Population mondiale, s.d.) Cette demande en eau ne fait qu’augmenter avec la croissance démographique et des activités humaines. Cette croissance va faire souffrir en plus les régions ayant déjà un manque d’eau. L’eau douce étant destinée principalement à la production de l’eau potable se retrouve principalement dans trois principaux secteurs de la société : municipal, industriel et agricole. Le secteur municipal comprend plusieurs utilisateurs différents d’eau comme les commerces, les écoles, les citoyens, etc. qui consomment tous une très grande quantité d’eau chaque jour.  Les activités humaines en lien avec l’agriculture, l’industrie et les milieux urbains ont modifié l’utilisation du sol en extrayant davantage d’eaux souterraines et d’eaux superficielles jusqu’au point d’épuiser les aquifères et les réserves d’eau. Il serait important de comprendre les nombreux enjeux mondiaux en lien avec l’eau afin de mieux comprendre son importance et la nécessité à la protéger.

Eau potable dans le monde
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Potable_water.png

Premièrement, certaines régions comptent moins de ressources d’eau que d’autres ce qui force les populations y habitant de trouver d’autres moyens, nécessaires, de profiter d’une certaine quantité d’eau disponible. Ce manque de ressources d’eau dépend principalement du climat : les régions plus sèches dans le monde comme en Afrique par exemple, ont une ressource d’eau minime comparer à d’autres régions du monde. (Les ressources en eau dans le monde, 2013) Il arrive également que les régions les plus pauvres en ressources d’eau soient celles qui ont une population de plus en plus nombreuse. Par conséquent, leurs réserves d’eaux souterraines et de surfaces sont surexploitées jusqu’à leur épuisement, ce qui expliquer leur manque d’eau. De plus, la croissance démographique, comme je l’ai mentionné plus tôt, correspond à l’un des premiers enjeux de l’eau et de la cause de son inégalité dans le monde. Plus la population augmente, plus les besoins en eau deviennent élevés et plus les impacts sur l’eau deviennent imminents comme la pollution, l’érosion, etc. Plusieurs pays dont la Chine, l’Inde et l’Afrique ont déjà beaucoup de difficulté à fournir une ressource vitale, comme l’eau potable, à leur population. Selon des études, en 2025, plus de 50 pays avec 2,8 milliards de personnes vont manquer d’eau et ce chiffre ne fera qu’augmenter dans les années futures. (Caramel, 2001)

Un autre problème lié à l’inégalité de l’eau est la mobilisation continue des populations vers les zones urbaines. Le nombre d’habitants dans ces grandes villes est déjà élevé et continu d’augmenter constamment. (Répartition de l’eau, s.d.) Les villes n’ont pas le temps d’améliorer leur système de gestion de l’eau dans la ville pour pouvoir répondre au besoin d’eau potable de tout le monde. Cela a été le cas pour la ville de Mexico qui a vu une augmentation de 10 millions de personnes en 30 ans. La ville n’avait pas les infrastructures nécessaires pour fournir l’eau à toute sa population, ni pour gérer les égouts et pour purifier cette eau. Ce qui a provoqué plusieurs problèmes qui perdurent encore aujourd’hui. (Solé, 2014)

 

Cette pénurie d’eau provoque également des problèmes politiques entre certains pays, même des guerres, car ceux-ci se battent pour pouvoir obtenir le pouvoir sur la seule source d’eau disponible. La forte demande et eau et la diminution de l’offre va ne faire qu’empirer les problèmes que les pays plus pauvres ont déjà à faire face.

Manque d'eau
http://carrefour-education.qc.ca/taxonomy/term/2093

 

Plusieurs solutions ont été déjà proposées et plusieurs mesures se font déjà entendre dans le monde pour aider les populations plus pauvres à obtenir cette ressource si vitale à leur survie.  Il y a en premier lieu les solutions plus simples comme : réduire les pertes d’eau, collecter l’eau de pluie, réserver les eaux usées à l’usage industriel et organiser des campagnes d’éducation et d’information pour informer le monde de l’importance du problème. (J.C, 1998) Il vient encore une fois à la responsabilité de l’homme de participer dans la conservation de cette ressource vitale et de parvenir à aider les autres dans le monde pour que tous puissent avoir accès à l’or bleu.

Noémie Duchesne

27 avril 2015

 

Les dangers d’une ressource vitale au Québec

tableau consommation eau
http://www.william.coop/ZoneInformations/Accueil/FicheArticles/30

La nature a fourni aux êtres vivants une ressource naturelle d’une valeur unique qui permet de maintenir la survie de tous. Malheureusement, l’humanité fait souvent surexploitation de cette ressource unique et nécessaire. Sur terre, l’eau douce est déjà très rare et le devient encore plus. Elle correspond seulement à 2,5% de l’eau sur terre et de cette petite quantité, le deux tiers est emprisonnée sous forme de glacier, donc nous devons prendre le reste dans les eaux souterraines ou les lacs et les rivières. (Consommation de l’eau à la maison, s.d.) Le Québec à lui seul possède 3% de l’eau douce renouvelable de la planète représentée par plus de 4500 rivières et un demi-million de lacs. L’eau potable étant très facilement accessible à la population du Québec en général, crée de mauvaises habitudes dans la société.

Effectivement, la surconsommation de l’eau potable et le gaspillage excessif qui empêche la conservation durable de cette ressource. (L’eau, ressource à protéger, à mettre en valeur, 2000) Chaque jour, nous consommons des quantités immenses chez nous, comme au travail comme si nous avions une ressource inépuisable. (Agostini, 2007) « À l’échelle mondiale, la consommation d’eau a augmenté deux fois plus vite que l’augmentation de la population. »(Surconsommation d’eau, s.d.) La disponibilité des ressources d’eau devient de plus en plus minime, mais ceci n’est pas vu comme l’un des problèmes les plus importants au Québec, puisque nous avons la chance d’avoir de grandes quantités d’eau sur notre territoire. En croyant que nous en avons bien assez pour longtemps, nous n’accordons aucune importance à notre utilisation de l’eau et ne pensons aucunement aux problèmes futurs que cela pourrait causer.  Au Québec, les habitants ont en leur possession énormément d’eau, dépassant même de huit fois la moyenne mondiale. (Surconsommation d’eau, s.d) Donc, nous serions les derniers à dire que nous avons un problème de pénurie d’eau. Par contre, si nous continuons à consommer autant d’eau, soit environ 424 litres par jour pour un québécois en faisant tout simplement des tâches quotidiennes comme le lavage, prendre sa douche, se brosser les dents, et cetera, plusieurs conséquences vont apparaîtres. (Guide CPE responsable, 2012) Une des premières sera l’assèchement des nappes phréatiques. Effectivement, celles-ci sont une des ressources d’eau les plus importantes pour près d’un quart des Canadiens correspondant à leur seule source d’eau potable de leur quotidien. Elle assure également l’approvisionnement pour l’agriculture et pour le côté industriel.05pollution copie.ashxLa contamination de ces eaux souterraines devient un problème même encore plus grand et urgent au Québec et un danger pour tous ceux qui l’utilisent. (Environnement Canada, 2013) Comme l’a mentionné Daphne Ferguson, dans notre entrevue que nous avons effectuée avec elle et Sidney Ribaux, ce serait là le problème le plus important au Québec, étant la pollution de l’eau. Elle mentionne dans l’entrevue que malgré que nous avons plusieurs solutions pour améliorer la qualité de l’eau, nous avons beaucoup de rattrapage à faire même par rapport aux autres villes du Canada. Nous avons plusieurs grandes villes au Québec qui n’ont pas nécessairement les bons systèmes pour traiter l’eau, alors nous, en tant qu’habitants, nous buvons l’eau que nous polluons. Elle mentionne bien sûr que l’eau est traitée, mais que cela n’enlève pas tous les polluants et surtout pas les nouveaux polluants comme les pesticides, les hormones, les médicaments, etc. Ceux-ci ont alors un grand impact sur notre écosystème et bientôt vont certainement avoir un impact sur notre propre santé. Pour terminer, elle conclut en mentionnant que lorsqu’on parle de l’eau, tout le monde pense tout d’abord à la pénurie, qui est un des enjeux importants dans le monde, mais qu’il faut réfléchir aussi et même principalement à la qualité qui est un des enjeux les plus importants au Québec .(Duchesne, 2015) « Des milliers de produits chimiques différents sont utilisés dans la fabrication des biens de consommation courants. Bien souvent, ces produits chimiques se retrouvent dans l’eau, puis rejetés dans l’environnement après que les eaux aient été traitées. En juillet 2001 le ministère de l’Environnement du Québec a publié́ une étude qui démontrait que les eaux usées traitées rejetées dans les cours d’eau demeuraient toxiques. Elles contenaient par exemple des pesticides, des déchets industriels, de l’arsenic, des métaux, des graisses, des diluants à peinture, de l’antigel, de l’huile à moteur, etc. » (Comité de recherche et de sensibilisation d’eau secours, 2006)Il y a aussi l’agriculture qui pollue beaucoup notre eau du Québec avec l’utilisation des fertilisants et les pesticides, très mauvais pour l’environnement. Effectivement, si aucune solution n’est mise de l’avant, cette pollution de l’eau aura un grand impact sur la santé de tous.

http://pixabay.com/fr/eaux-usées-l-eau-la-pollution-310853/
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Plusieurs solutions sont mises de l’avant depuis plusieurs années pour régler ce problème de pollution. Par exemple, le code de gestions des pesticides qui a été mis en vigueur en avril 2006, interdisant l’utilisation de pesticides à moins de 3 mètres d’un cours d’eau. Celui-ci n’est pas très bien respecté dans le milieu agricole et menace quand même de beaucoup les cours d’eau.(Comité de recherche et de sensibilisation d’eau secours, 2006)  De plus, en 2001, le Règlement sur la qualité de l’eau potable est adopté, mais il a subi des modifications au fil des années. Ce Règlement vise surtout la santé publique, car il établit les normes de l’eau potable, le contrôle sur les réseaux de distribution et oblige la désinfection de l’eau provenant d’eaux de surface et souterraines.

Il est dans le devoir des citoyens du Québec de faire attention à ce qu’ils jettent dans l’eau et aux entreprises de trouver de nouveaux moyens de déverser leurs déchets. Les citoyens doivent également apprendre à gérer leur eau et à prendre tous les moyens possibles pour ne pas la gaspiller, car il est clair que l’homme dépend complètement de l’eau pour sa survie, mais aussi pour son bien-être et pour la réalisation de ses activités quotidiennes. Pour cela, d’innombrables solutions peuvent s’offrir à nous, que l’on peut faire à la maison pour réduire notre utilisation d’eau comme par exemple, prendre des douches plus rapides, récolter l’eau de pluie et l’utiliser pour arroser les plantes, garder de l’eau potable dans le réfrigérateur pour éviter le gaspillage d’eau qui coule du robinet,etc.

Comparaisons économie d'eau

 

 

 

 

 

 

Noémie Duchesne

27 avril 2015

 

Les gaz à effet de serre : Kyoto à la rescousse

Qu’est-ce que les gaz à effet de serre?

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http://en.wikipedia.org/wiki/Greenhouse_gas

Tout d’abord, il est primordial de comprendre ce que sont les gaz à effet de serre. Le nom d’effet de serre est dû au fait que «l’atmosphère se comporte comme la vitre d’une serre» (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004) en laissant passer le rayonnement solaire provenant du soleil et en retenant une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre vers l’espace. Il est important de mentionner que l’effet de serre est extrêmement important. En effet, ce phénomène permet de maintenir une température viable pour les hommes. Ceci est d’autant plus bénéfique, car sans effet de serre, si notre atmosphère n’était composée que d’oxygène d’azote, la température moyenne de la Terre serait de -18°C (Mégevand et Falloux). En ce moment, dans l’atmosphère, les cinq plus importants gaz à effet de serre sont : la vapeur d’eau H2O,  le gaz carbonique CO2, le méthane CH4 et le protoxyde d’azote N2O. On peut en déduire que c’est l’augmentation des GES liés à l’activité humaine (plus précisément les CO2) qui sont responsables des changements climatiques. Avant de rentrer plus dans les détails, il est important de comprendre les origines de ces gaz afin d’éclaircir le problème.

 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_%C3%A0_effet_de_serre

 

Contributions respectives à l’effet de serre des différents gaz (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004):

CO2 (60%)     -Combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole), industrie, transport, chauffage.

-Procédés industriels

-Déforestation/ feux de biomasse

CH4 (20%)     -Agriculture élevage, rizières, ruminants, déchets organiques

-Industries gazières

N2O (6%)       -Agriculture, Engrais

-Industries chimiques (acide)

Composés fluorés   -Industries, produits manufacturés (réfrigérateurs)

Depuis l’ère industrielle, les gaz à effet de serre n’ont cessé d’augmenter. L’évolution de la concentration de CO2 dans l’atmosphère suit l’augmentation de la consommation mondiale de l’énergie et l’augmentation de la population mondiale (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004).

 

Comme vu précédemment, l’homme joue un rôle clé dans la dégradation de l’environnement à cause de ses habitudes de vie. Une des activités les plus nocives est la déforestation (petite remise en question pour les étudiants et tout le papier qu’ils consomment). Les forêts sont riches, elles apportent nourriture, combustible, matières premières, toutes des choses essentielles à notre survie. Par contre, l’homme exploite les forêts massivement ce qui est totalement illogique lorsque l’on sait que les arbres absorbent une partie des CO2 lors de la photosynthèse. Par conséquent, la concentration de gaz à effet de serre augmentera avec la baisse de nos forêts (Grundmann, année).

 

Quelle est l’importance du protocole de Kyoto dans ce contexte?

Le problème avec les gaz à effet c’est qu’il touche la population mondiale. Nous avons tous la même atmosphère alors les gaz à effet de serre voyagent au-dessus de nous. Les États ont vite compris que le problème prenait de l’ampleur à une vitesse exorbitante. Après quelques conférences sur les insécurités face au climat et plusieurs débats politiques, l’ONU s’est fixé comme objectif de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (Delacour, 2006). C’est donc dans un climat d’incertitude, de peur et de prise de conscience que le protocole de Kyoto a été créé. Si ce protocole est si important c’est parce qu’il a été élaboré pour attirer un large soutien de la population internationale, mais aussi d’être suffisamment efficace afin de solutionné les problèmes existants là où les conventions passées ont échoué. La plus grande particularité de ce protocole est qu’il dispose d’objectifs obligatoires sur les émissions de gaz à effet de serre pour les pays forts économiquement  qui ont ratifié le protocole. Les engagements que les pays doivent fournir sont tous différents prenant en considération leur aspect économique. Puisque le protocole de Kyoto peut s’avérer contraignant pour certains, des mécanismes de flexibilité ont été créés afin d’aider les pays à atteindre leurs objectifs. Par exemple, si le gouvernement du Canada finance des pays en développement afin qu’ils puissent réduire leurs émissions de CO2, celui-ci verra une partie de son objectif atteint pour ce geste. Il y a 184 pays qui ont ratifié le protocole (United Nations Framework Convention on Climat).

Quels sont les solutions et les avis d’expert(e)s à ce sujet?

Bien évidemment, la situation est inquiétante et il faut agir le plus tôt possible. L’homme a cette perception de la nature où elle est vue comme un «réservoir de ressources infinies où l’humanité peut se servir comme bon lui semble» (Blackburn, 2013).  Bonne nouvelle, il y a une multitude de solutions que les entreprises, les gouvernements et les particuliers peuvent entreprendre. Toutefois, décider de vouloir adopter un comportement écologique nécessite une grande implication à long terme. Des comportements que nous avions auparavant, par exemple, jeter ses déchets organiques dans la poubelle au lieu de les composter, devra être modifié et cela peut sembler plus facile que nous le croyons, mais ce n’est pas si simple d’intégrer ces gestes dans nos habitudes de vie.

Voici, quelques-unes des solutions :

La maîtrise de l’énergie : elle consiste à trouver des solutions où l’on consomme mieux en dépensant moins d’énergie. L’homme peut contribuer en réduisant sa consommation d’énergie en roulant moins vite, en éteignant les lumières inutiles, en isolant son habitation. C’est un objectif ambitieux, mais très difficile prenant en considération que la croissance économique et la démographie croissante de la population, donc, des dépenses énergétiques plus grandes (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004).

Puits naturels de carbone : la faune et la flore participent à la capture du CO2. «Sur les 7 milliards de tonnes de carbone émises chaque année, environ la moitié reste dans l’atmosphère. L’autre moitié est absorbée, à part à peu près égale, par l’océan et la végétation terrestre (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004).»  Les forêts représentent un puit naturel pour stocker tout ce carbone. Il est extrêmement important que l’on participe à la préservation de nos écosystèmes. À ce moment, la déforestation se poursuit à un rythme de 1.6% par an au niveau mondial (Ducroux et Jean-Baptiste, 2004). En parallèle, les océans aussi stock le carbone. Ceux-ci contiennent de petits ions qui capturent le CO2.

 

Les avis d’expert lors de la semaine des conférences à Gérald-Godin :

Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal

Monsieur Normand Mousseau a insisté sur l’importance des changements climatiques dans notre société d’aujourd’hui. Nous sommes dans une ère de changement, la technologie ne cesse de faire des percées innovantes et nous devrions en prendre avantage afin de changer le sort du climat de la planète. Selon Normand Mousseau, l’étape la plus importante à franchir est de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables et moins polluantes. Au Canada, les sables bitumineux ne représentent que 20% des gaz à effet de serre émis par le pays. Ce sont les énergies fossiles qui sont les plus catastrophiques en représentant 80% des émissions de CO2. Le Québec est un des endroits dans le monde où l’énergie est la plus propre. Il fabrique de l’énergie éolienne et de l’énergie hydroélectrique. Elles sont très peu coûteuses à produire et très peu polluantes. Si le Canada le désirait, il aurait la possibilité de consommer seulement des énergies renouvelables. Il a toutes les conditions qui le lui permettent ; le Québec produit trop d’énergie hydroélectrique à un point tel qu’il vend  son énergie moins cher aux Américains qu’il ne le charge aux Québécois. Ce surplus énergétique qui se mesure à environ 15% pourrait être utilisé à l’intérieure des frontières. Les ressources en énergies fossiles de la Terre sont épuisables. Par conséquent, le Canada devrait servir de modèle aux autres pays et entrevoir les grandes possibilités économiques offertes par un marché des ressources renouvelables.

Sydney Ribaux d’Équiterre et Daphne Ferguson d’Enerkem

Il est question du cofondateur d’Équiterre, Sidney Ribaux, ainsi que de l’analyste des affaires gouvernementales d’Enerkem, Daphne Ferguson. L’organisme à but non lucratif Équiterre a pour but de promouvoir des gestes plus écologiques auprès des citoyens, du gouvernement et des compagnies tout en les incitant à développer une conscience environnementale. En ce qui concerne l’entreprise québécoise Enerkem, celle-ci s’est donnée pour mission de produire des biocarburants et des produits chimiques «verts» pour faire compétition aux énergies fossiles. La conférence tenait à démontrer à quel point la population est dépendante des énergies fossiles. Notre dépendance est un grand fléau, car l’utilisation massive de pétrole augmente les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. L’avantage avec des entreprises comme Enerkem est que leur biocarburant et leurs produits chimiques «verts» émettent très peu de CO2 ce qui est essentiel pour le problème des changements climatiques. Suite à des faits comme de nouvelles avancées technologiques, des rapports sur les enjeux climatiques et l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère l’organisme Équiterre occupe un rôle essentiel. Le premier pas pour qu’une population change est l’éducation : Équiterre éduque et conscientise la population en militant pour des causes qui touchent tous les individus. Sidney Ribaux a donné un exemple intéressant sur les chauffeurs de taxi. Ceux-ci gagnent leur vie en conduisant. L’essence, une énergie fossile, est très dispendieuse et dégage beaucoup de gaz carbonique. Avec les avancées technologiques d’aujourd’hui,  il y a de plus en plus de voitures hybrides. Les taxis qui roulent avec une voiture hybride ont vu la différence au niveau de leur portefeuille, mais en plus ils font une différence pour l’environnement.  Les deux conférenciers ont prouvé qu’il est possible d’entrevoir un avenir plus «vert» où l’économie n’en sera pas pour autant handicapée et verra une belle croissance.

Que sont les gestes que je peux effectuer pour remédier au problème des gaz à effet de serre?

Ce n’est pas un secret lorsque l’on dit que le transport est un des principaux marchés  qui génère le plus de gaz carbonique. C’est pourquoi, dernièrement, on peut constater de plus en plus de moyens de transport qui consomment presque ou aucune source de pétrole. «Avant que ce type d’automobile acquière la même polyvalence que les voitures à essence ou diesel, la technologie hybride  aura sans doute envahi le marché.»(Atlas du changement climatique, 2012) Ce qui n’aide pas le marché des voitures «vertes» c’est que les villes privilégient d’investir dans l’agrandissement du réseau routier au lieu de privilégier l’accessibilité au transport en commun (Sidney Ribaux, 2015). Une plus grande popularité pour les achats de voitures hybrides pourrait inciter les créateurs automobiles à innover dans ce marché en plus d’offrir des prix compétitifs face aux automobiles à essence.

Les logements et les bureaux sont responsables de 20% des gaz à effet de serre. Le chauffage, l’eau chaude, l’électricité sont tous des facteurs qui contribuent à la croissance des CO2. Le secteur des bâtiments à une grande possibilité de diminution des CO2. En effet, les matériels sont de plus en plus innovants. Toutefois, ils peuvent sembler dispendieux, mais sur le long terme, leur coût est relativement faible. Par exemple, l’installation de panneau solaire sur le toit des maisons. Installer des panneaux solaires peut s’avérer couteux, mais une fois installé, ils n’en coûtent presque plus rien. Au Québec, nous sommes confrontés à de durs hivers. Certaines maisons sont si mal isolées qu’elles perdent entre 30% et 40% de leur chaleur via le toit. Un geste qui peut sembler banal à la base est d’éteindre les lumières lorsque l’on quitte une pièce. Plusieurs gestes peuvent être entrepris dans notre quotidien, il suffit simplement de les intégrer et d’y penser (Atlas du changement climatique, 2012).

1-Lien vers le site d’Equiterre qui contient une multitude d’informations sur les problèmes environnementaux, les manières de s’impliquer et beaucoup d’autres informations pertinentes.

http://www.equiterre.org/

2-Petit vidéo qui explique brièvement le développement durable

La dissonance cognitive et l’approche motivationnelle

Tel que mentionné dans l’un des articles précédents, l’inaction ne s’explique pas totalement pas l’incompréhension des changements climatiques. Plusieurs concepts de la psychologie tels que la dissonance cognitive, mais aussi l’approche motivationnelle peuvent nous éclairer afin de mieux cerner la situation actuelle caractérisée par un grand nombre de gens qui font abstraction des changements climatiques même s’ils sont conscients jusqu’à un certain point que ce problème s’aggrave chaque jour.

La dissonance cognitive

La dissonance cognitive est un terme employé pour expliquer qu’un individu subit des tensions psychologiques importantes lorsqu’il est incapable d’accorder de façon cohérente sa compréhension d’un problème ou ses propres valeurs avec ses comportements quotidiens. En effet,  on dit que «l’Homme cherche à maintenir un certain équilibre interne, en essayant de faire en sorte que les éléments de son univers personnel (opinions, agissements, etc.) soient consistants les uns par rapport aux autres» (Vaidis et Halimi-Falkowicz, 2007). Selon l’auteur de cette théorie, Léon Festinger, les relations entre plusieurs cognitions peuvent être caractérisées de trois façons, soit la dissonance, la consonance et la neutralité :

Deux cognitions sont dissonantes quand elles ne vont pas bien ensemble (e.g., « je fume » + « je sais que fumer tue »), consonantes quand elles vont bien ensemble (e.g., « je fume » + « j’aime fumer »), ou neutres quand elles n’ont aucun rapport (e.g., « je fume » + « il fait beau »)  (Vaidis et Halimi-Falkowicz, 2007)

Pour ce qui est des attitudes vis-à-vis le réchauffement planétaire, il peut en résulter des cognitions dissonantes qui provoqueront un certain inconfort mental ou un sentiment de culpabilité si un individu juge qu’il faudrait agir de manière plus écologique, mais qu’il n’est pas en mesure de traduire ses valeurs ou sa compréhension du problème dans ses propres gestes (p. ex., si l’individu en question a des habitudes bien ancrées de surconsommation ou de gaspillage) (Rabourdin, 2001-2002). Cela est aussi vrai, par exemple, pour quelqu’un qui occupe un emploi dans une compagnie qui pollue énormément, car cela pourrait jouer sur ses intérêts et avoir une incidence sur sa volonté d’opter pour le changement.

La déresponsabilisation

Lorsqu’un individu agit de façon contraire à ses convictions, on dit donc qu’il y a «dissonance». L’individu va se protéger des tensions inconfortables qu’il subit en tentant par tous les moyens possibles de diminuer le paradoxe qui se cache « entre ce [qu’il ] est et ce qu’[il] voudrait être » ainsi que le contresens créé par le fossé séparant ses bonnes intentions et ses efforts réels en vue d’un changement. La personne risque donc d’adapter ses valeurs, ses opinions ou ses attitudes avec ses comportements au lieu de modifier ses comportements pour les conformer à ses valeurs et ses convictions. Dans le cas qui nous intéresse, il en ressort un certain fatalisme qui se traduit souvent par penser que ça ne sert à rien d’adapter ses comportements puisque de toute façon « chaque fois que tu fais quelque chose, tu pollues de toute façon » (Rabourdin, 2001-2002). L’individu est aussi porté régulièrement à se déresponsabiliser et nier consciemment ou inconsciemment son implication dans le problème (p. ex., jeter le blâme sur les autres, penser que d’autres personnes compétentes s’occuperont de trouver des solutions) ou même nier l’existence du problème (p. ex., décrédibiliser les connaissances scientifiques) (Rabourdin, 2001-2002). D’ailleurs, selon Festinger, «plus la dissonance [est] forte, plus le travail de réduction de la dissonance sera important» (Festinger, 1957). C’est ainsi que l’individu tente désespérément de s’assurer que son confort ne soit pas perturbé par un problème qu’il juge à la base inquiétant.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/CognitiveDissonanceDiagram.jpg
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L’approche motivationnelle

Lorsqu’il y a dissonance cognitive, c’est la motivation qui pousse un individu à adopter de nouveaux comportements. L’approche motivationnelle «est spécifiquement conçu[e] pour aider les gens à sortir de l’immobilité, à quitter leur ambivalence passée pour adopter un nouveau comportement plus positif » (Rollnick et Miller, 2006). Parmi les stratégies les plus susceptibles de développer cette motivation au changement, on dit qu’il faut « développer la divergence, pour s’en servir en l’amplifiant jusqu’à ce qu’elle surpasse l’inertie qui maintient le statu quo » entre autres parce que « le changement est motivé par la perception d’une divergence entre le comportement présent et les objectifs ou les valeurs personnels » (Rollnick et Miller, 2006). Ainsi, individu sera porté à agir à partir du moment où il conçoit ses comportements de déresponsabilisation comme une trop grande contradiction à ses propres principes, ses valeurs ou sa compréhension des changements climatiques.

Il existe aussi d’autres facteurs jouant sur la motivation à changer: la constatation d’inconvénients au statu quo, la perception d’avantages éventuels liés à un changement, le degré d’optimisme ou de confiance ressenti par individu ou un groupe quant à sa capacité à modifier ses comportement et finalement l’intention et la volonté réelle de s’engager pour qu’un changement finisse par se concrétiser (Rollnick et Miller, 2006).

Samuel Gamelin

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Médiagraphie

Rollnick, S. et Miller W.  (2006). L’entretien motivationnel – Aider la personne à engager le changement, Paris : InterEditions.

Rabourdin, S. (2001-2002). La société face aux changements climatiques : une indifférence durable.

Vaidis D. et Halimi-Falkowicz S. (2007). La théorie de la dissonance cognitive : une théorie âgée d’un demi-siècle. Revue électronique de Psychologie Sociale, n°1, pp. 9-18.

L’inaction s’explique-t-elle par l’incompréhension?

dessin de David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress
réalisé par David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress

La plupart des citoyens sont conscients qu’il s’opère actuellement de nombreux changements du climat et que ce problème va fort probablement se détériorer, mais cela ne les empêche pas de conserver un niveau de préoccupation assez faible (Pruneau et al., 2008). Comment pourrait-on tenter d’expliquer l’écart qui s’accroît constamment entre, d’une part, l’inquiétude de la communauté scientifique quant aux dangers envisageables des changements climatiques sur notre habitat et nos modes de vie et, d’autre part, les comportements individuels peu écologiques qui semblent être le reflet global d’une faible préoccupation de la plupart des citoyens?

 Premièrement, serait-il juste de blâmer un certain manque de compréhension de la part de la population pour expliquer son inaction face aux changements climatiques? Une bonne réponse à cette question se doit d’être nuancée, mais il est certain que la mobilisation passe en partie par une prise de conscience et une compréhension des changements climatiques et même plus globalement par une meilleure compréhension du climat en général (Lammel et al., 2012). En effet, il semble que le degré de compréhension « influe sur les niveaux de préoccupation, de croyance et de perception du risque qui, à leur tour, ont un impact sur la motivation » (Lammel et al., 2012). Ainsi, d’un côté, une meilleure compréhension du sujet dans son ensemble peut favoriser un individu à adopter des comportements plus écologiques. À l’inverse, la présence de certaines croyances erronées qui sont parfois très partagées dans la société, par exemple, croire que les changements climatiques n’affecteront pas les pays développés peut amener plusieurs personnes à « sous-estimer l’ampleur des risques » du réchauffement planétaire (Lammel et al., 2012).

Le meilleur moyen de contrer l’incompréhension passe par l’éducation et l’acquisition de nouvelles compétences. Plus un individu a d’occasions de solliciter ses capacités cognitives, plus elles s’adapteront notamment par le biais d’« expériences éducatives » (Bee et Boyd, 2011) qui favorisent l’acquisition de la pensée formelle permettant entre autres la pensée abstraite, le raisonnement hypothético-déductif, la logique déductive, la résolution systémique de problèmes et aussi une meilleure anticipation des conséquences à long terme (Bee et Boyd, 2011). Si ce stade de la pensée facilite la recherche de multiples solutions à un problème complexe et parfois abstrait, on remarque parfois une transition du fonctionnement cognitif vers un autre stade appelé la pensée postformelle qui est quant à elle, une forme moins abstraite de la pensée que la pensée formelle, mais qui est plus orientée vers l’application concrète de solutions dans la vie de tous les jours. De pair avec le développement de ces deux modes de pensée, plusieurs études ont permis de déterminer les compétences qu’ont développées des citoyens qui s’impliquent actuellement dans la lutte aux changements climatiques pour être aptes à trouver des solutions et changer leurs comportements. On peut définir une compétence comme « un ensemble de ressources cognitives (savoirs, savoirs faire, savoir agir) et métacognitives (savoir observer, contrôler et améliorer ses stratégies cognitives), conatives (motivation à agir), physiques, sociales (recourir à un expert), spatiales (utilisation efficace de l’espace), temporelles (organisation pertinente du temps), matérielles (utilisation efficace d’un livre, d’un outil) et affectives » (Pruneau et al., 2011). Actuellement, les compétences les plus importantes qui ont été ciblées sont les suivantes : la pensée prospective qui se rattache à l’anticipation des conséquences à long terme de la pensée formelle, la prise de décision, la pensée critique et l’optimisme (Pruneau et al., 2013).

À première vue, l’incompréhension peut donc sembler une lacune qui empêche les gens d’agir. Cependant, le problème semble avoir des causes beaucoup plus complexes puisque les gens sont pour la plupart quand même conscients que le climat subit des changements importants et ils savent que ce problème pourrait s’aggraver dans le futur (Pruneau et al., 2008), mais il n’en résulte presque rien en termes d’actions concrètes. Dans son mémoire, Sabine Rabourdin illustre d’une façon très simple, mais évocatrice, la situation :

les gens connaissent le phénomène mais en ignorent les causes. Ils n’en mesurent pas les conséquences, ils n’en connaissent pas bien les origines et ne cherchent souvent pas à en savoir davantage. Mais pourtant, ils savent souvent comment y remédier, sans pour autant traduire dans leur comportement ces connaissances. Ainsi, paradoxalement, bien que les causes soient mal identifiées, les remèdes proposés sont assez réalistes (usage de la voiture, contrôle de la consommation énergétique, …)  (Rabourdin, 2001-2002)

 

Ainsi, l’incompréhension est une explication insatisfaisante pour justifier l’inaction. Bien que tout le monde n’est pas en mesure de saisir les changements climatiques dans toute leur complexité (causes, conséquences), la plupart d’entre nous sommes souvent capables d’identifier des solutions qui pourraient faire de grands changements et plus encore, on nous submerge constamment d’informations qui visent à éveiller notre conscience écologique et nous fournir davantage de connaissances à ce sujet. Comment se fait-il que la prévention ne semble pas avoir l’effet espéré? En fait, on est de plus en plus forcé de constater que « le refus ne peut pas totalement se soigner avec de l’apport de diverses informations, davantage d’information risque aussi d’intensifier le refus [d’agir] » (Rabourdin, 2001-2002).

Samuel Gamelin

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Médiagraphie :
Bee, H. et Boyd, D. (2011). Les âges de la vie, Saint-Laurent, ERPI.

Lammel, A., Dugas, E. et Gutierrez, E. (2012).  L’apport de la psychologie cognitive à l’étude de l’adaptation aux changements climatiques : la notion de vulnérabilité cognitive. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Demers, M. et Khattabi, A. (2008). Éduquer et communiquer en matière de changements climatiques : défis et possibilités.  La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Kerry, J. et Langis, J. (2013). Étude des compétences propices au soin et à la transformation de l’environnement. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Rabourdin, S. (2001-2002). La société face aux changements climatiques : une indifférence durable.

Le principe de précaution et la décroissance

 

 

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L’incertitude scientifique et le principe de précaution

Parmi les références incontournables pour bien cerner les changements climatiques, il y a le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est un organisme composé de scientifiques «a[yant] pour mandat d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport avec la question du changement du climat » (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, 2013). Selon le tout dernier rapport de cette communauté d’experts reconnus à travers le monde, il est possible d’affirmer que l’activité humaine est presqu’assurément responsable de ce bouleversement de l’environnement, soit avec une probabilité de 95% (GIEC, 2013). D’ailleurs, en cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une foule d’informations intéressantes concernant les derniers rapports du GIEC :

http://leclimatchange.fr/les-elements-scientifiques/  

Encore aujourd’hui, beaucoup de gens justifient leur faible préoccupation à l’égard des changements climatiques par la mince incertitude scientifique qui subsiste concernant certaines causes ou conséquences de cette transformation drastique du climat. Bien qu’il est effectivement difficile pour la communauté scientifique de quantifier avec exactitude la probabilité qu’un tel phénomène soit la cause d’un autre, ou bien de prédire les conséquences exactes qui adviendront lorsque Mère Nature se révoltera et sortira de ses gonds comme jamais nous ne l’avons vu le faire; il reste néanmoins que «tous les scientifiques du GIEC s’attendent à une évolution rapide, avec des effets violents et soudains […] demand[ant] des réponses rapides et anticipées» (Biagiotti et Mongruel, 2001).

Cette situation a forcé les scientifiques à développer ce qu’on appelle le principe de précaution qui peut être définit de la façon suivante:

 la nécessité d’agir en dépit des incertitudes scientifiques […] il s’agit d’une règle de comportement et de décision à observer en l’absence de certitudes scientifiques relatives à une activité dont on peut raisonnablement supposer qu’elle comporte un risque immédiat ou futur pour la société ou l’environnement (Rabourdin, 2001-2002)

Les fondements du principe de précaution découlent du principe de responsabilité dont l’auteur est le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993). Ce principe peut être paraphrasé en une simple phrase: «in dubio pro malo», ce qui veut dire «dans le doute, abstiens-toi» ou «dans le doute prends le choix le plus pessimiste» (Jonas in Moatti, 2013). À partir de ce principe, Hans Jonas formule plusieurs impératifs catégoriques qui devraient dicter tous nos choix dès lors qu’ils sont susceptibles d’avoir un impact sur notre avenir en tant qu’espèce: «Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre» ou en d’autres mots «jamais l’existence ou l’essence de l’homme dans son intégralité ne doivent être mis en jeu dans les paris de l’agir» (Jonas in Hansen-Love, 2012). Actuellement, cela semble le seul moyen de se sortir de ce qui pourrait devenir une impasse. Tôt ou tard nous serons confrontés à ce que Jonas appellerait «l’ultime veto de la nature contre l’utopie» (Jonas in Flamant, 2009). L’utopie en question, c’est de penser que nous pouvons encore vivre comme nous le faisons présentement pendant encore longtemps…

La décroissance

On ne peut pas dire que les principes évoqués précédemment sont généralement suivis. Pourtant, si nous voulons limiter les dégâts, nos modes de vie devront drastiquement changer, voire être réorganisés et repensés, mais de quelle façon? Je vous invite à écouter la vidéo qui suit; Yves-Marie Abraham,  un professeur au HEC de Montréal, y soutient l’idée que cette réorganisation de nos société doit passer inévitablement par une décroissance soutenable.

référence: Yves-Marie ABRAHAM, Décolonisons notre imaginaire, Montréal, TEDx HEC Montréal, 2014, 18 min. , https://www.youtube.com/watch?v=cyvw6UbwTv0

Conclusion

Pour conclure, voici une chanson du groupe britannique Muse dont le contenu est directement en lien avec tout ce qui a été évoqué précédemment.  Il s’agit d’une composition épique divisée en trois mouvements  intitulée «Exogenesis: Symphony». Après avoir fouillé tous les recoins de toutes les galaxies à leur portée, on y raconte le désespoir des hommes lorsqu’ils s’apercevront– au moment où il est déjà trop tard, hélas ! – qu’ils sont parvenus à détruire la seule planète qui rendait possible la vie humaine.

 

Samuel Gamelin