Archives de catégorie : L’euthanasie en fin de vie: ses enjeux

Editorial: La controverse du suicide assisté

Le suicide assisté, l’aide médicale à mourir en fin de vie, mourir dans la dignité, etc. peu importe son appellation la procédure apporte énormément de discussions. Comment s’entendre sur un sujet qui concerne la mort volontaire de certaines personnes? L’évolution sociologique et idéologique des dernières décennies ont permis à la société québécoise d’adopter une opinion en faveur de la procédure. Par contre, celle-ci soulève beaucoup de questionnements. Soyons honnêtes, il est très difficile d’imaginer devoir prendre la décision de planifier le comment et le quand de son décès. Par contre, les gens qui ont recours à une telle procédure sont dans une position dans laquelle la vie ne leur donne pas le choix ; ils vont mourir. Pour l’instant, le projet de loi 52 s’appliquerait uniquement aux personnes conscientes ayant toutes leurs capacités et faisant un choix éclairé et volontaire. Dans ce cas-ci, l’on peut imaginer que le suicide assisté mis en place pour soulager ces personnes prêtes à accepter leur malheureux sort est favorable. En effet, l’aide médicale à mourir en fin de vie serait favorable pour ces derniers qui éviteront de se voir détériorer ou «perdre leur dignité» comme le soutiennent certains. Or, bien que la procédure évite l’acharnement thérapeutique et une fin de vie inimaginable, plusieurs questionnements demeurent au centre des conversations. D’abord, les pressions de l’entourage ne sont pas négligeables. Avec l’instauration du projet de loi 52, plusieurs craignent que les familles ainsi que la société exercent une pression d’avoir recours au suicide assisté par les personnes en fin de vie. Malheureusement, ces craintes sont fondées sur les réalités d’autres pays dont l’euthanasie est déjà pratiquée. Les dérapages sont faciles dans des cas aussi délicats et les preuves d’abus par les médecins ou les familles sont difficiles à récolter. Ainsi, bien que la procédure de l’aide médicale à mourir en fin de vie soit un avancement justifié dans le monde médical, des protocoles importants et stricts doivent être mis en place. Par la suite, une formation des médecins et un soutien psychologique seront nécessaires. Bien que la mentalité de la médecine soit prête à accepter une telle innovation, le personnel médical ne l’est peut-être pas encore. De plus, autant que cette solution soit efficace pour les individus qui sont prêts à avoir recours au suicide assisté, l’État doit conserver et continuer à invertir dans les soins palliatifs. C’est primordial que les personnes en fin de vie aillent le choix entre deux alternatives et non le sentiment d’obligation de choisir l‘aide médicale à mourir en fin de vie. Il est important de considérer que le projet de loi 52 n’est pas mis en place pour sauver de l’argent au gouvernement au niveau des soins palliatifs mais bien pour donner l’option aux individus souffrant de mettre un terme à leur vie avant que la qualité de cette même vie se dégrade. En tout et partout, la société québécoise ainsi que le monde médical sont prêts pour une telle procédure et celle-ci semble logique dans l’avancement sociologique moderne. Par contre, bien que celle-ci soit justifiable, les protocoles et conditions adoptés lors de la mise en place officielle du protocole dans les hôpitaux québécois devront être stricts et se devront d’éviter tout dérapage éventuel et ainsi éviter un chaos total.

Sophie Crevier et Laurence Vezina

Médiagraphie partielle

Béland, Jean-Pierre, ed. Mourir dans la dignité ? Soins palliatifs ou suicide assisté, un choix de société. Québec, QC, CAN: Les Presses de l’Université Laval, 2011, p. 27 à 35 ProQuest ebrary.

Commission de l’éthique de la science et de la technologie, DOCUMENT MOURIR DE DANS LA DIGNITE : Des précisions sur les termes et quelques enjeux éthiques, 2010, http://www.ethique.gouv.qc.ca/fr/assets/documents/Fin-de-vie-et-dignite/mortetdignite_doc1_precisions_termes.pdf [En ligne]

La presse Canadienne, Des médecins contre l’aide médicale à mourir, Radio-Canada, 15 octobre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/10/15/004-projet-loi-52-aide-medicale-a-mourir-coalition-medecins-justice-sociale.shtml [en ligne]

MELANCON, Marcel J., L’euthanasie et l’aide médicale au suicide, Dossier : mourir dans la dignité : Le rapport et ses suites dans la revue Quoi de neuf, juin-juillet 2012, http://classiques.uqac.ca/contemporains/melancon_marcel_j/euthanasie_aide_medicale_suicide/euthanasie_aide_medicale_suicide_original.pdf

POINLANE, Pascal, Le collège des médecins pour l’aide médicale à mourir, septembre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/09/17/004-college-medecins-aide-medicale-mourir-projet-loi-52.shtml [En ligne]

 

L’aide médicale à mourir en fin de vie: un avancement positif

Dans le cadre du cours de DIASH, nous traiterons du thème de l’aide médicale à mourir en fin de vie. Bien que ce sujet soit large, il sera traité du point de vue de l’évolution de la société depuis le début du dernier siècle. Cette évolution permet d’expliquer qu’aujourd’hui une majorité de Québécois sont faveur de cette procédure autrefois impensable. En effet, la population québécoise a vécue un bouleversement idéologique impressionnant au courant des années 1960 qui expliquerait ce renversement de valeurs et l’ouverture éventuelle au suicide assisté. L’aide à mourir, bien que l’idée ne date pas d’hier, est d’autant plus pertinente aujourd’hui puisqu’elle vient d’être acceptée légalement par la Cour Suprême du Canada.  Il est possible pour nous de présumer que l’aide à mourir, si elle est bien gérée, représente un avancement positif pour la société.

Sophie C. & Laurence V.

Retour sur les entrevues

Les entrevues ont été réalisées auprès de deux étudiants, l’un de sexe masculin, Mathieu Lefrançois, et l’autre de sexe féminin, Florence Nguyen, de 2e années de médecine de l’Université de Montréal. Nous avons choisi de faire notre entrevue auprès d’étudiants, car cela nous apportait une vision un peu différente du sujet d’étude et nous permettait aussi de voir et d’étudier le positionnement de chacun vis-à-vis le suicide assisté en fonction de leur âge et de leur niveau d’étude. Or tous deux se sont dit en faveur du suicide assisté en fin de vie, en fonction que de règles bien établies et strictes soient aussi mises en place pour contrôler cette pratique. Tous deux n’étaient toutefois pas prêts à le pratiquer une fois devenu médecin. Une chose qui est ressortie souvent pendant les entrevues est la vision de la médecine qu’avaient les deux étudiants. Chacun a insisté à un moment ou à un autre dans l’entrevue sur l’importance du rôle de la médecine qui est de soigner. Ainsi, pour eux, soigner le patient veut aussi dire de prendre des décisions pour la santé oui physique de la personne, mais aussi psychologique de celle-ci. Et donc il peut arriver que chez certains patients, soulager les souffrances et laisser la personne partir représente aussi un traitement. Il était aussi important pour eux que les règles qui seront mises en place n’aient pas d’ambigüité et encadre très bien la pratique. Étant donné que la première erreur ou le premier débat en relation avec un cas particulier risque d’être très médiatisé, il faut que les lois soient claires pour que la population ne se rebute pas contre la pratique aux premiers accrochages.

Dans le cadre de l’entrevue, nous cherchions aussi à savoir s’il considérait peut-être la possibilité de pression de la société ou de la famille sur un patient pour ait recours au suicide assisté. Or, tous deux croient qu’il y aura des suivis et des tests avec les psychologues qui permettront de détecter de tel cas si ceux-ci surviennent. Le processus d’analyse du dossier du patient ne risque pas de se faire en un après-midi non plus donc, le temps et les ressources nécessaires au bien-être de la demande seront tous fournis. Finalement, les deux futurs médecins ne croient pas que toutes les mesures de soutien psychologique entourant les médecins qui pratiqueront l’aide à mourir en fin de vie sont déjà installées. Il est certain qu’ils seront mis en place éventuellement, mais même en tant qu’étudiant, chacun dit qu’aucun administrateur, professeur ou superviseur n’a parlé du sujet depuis le vote de la Cour suprême en février dernier. Selon l’étudiant, il est aussi important que s’assurer oui de la santé psychologique d’un médecin qui pratique l’aide médicale à mourir, mais aussi de faire des suivis pour être certain que le médecin ne s’habitue pas à la pratique et qu’il ne perde pas son esprit critique face à de nouveaux cas.

L’évolution politique de l’euthanasie en fin de vie

L’aide à mourir en fin de vie n’est pas un sujet nouveau. On en parle depuis plusieurs décennies et ce un peu partout dans le monde. Étant une pratique constitutionnellement illégale, il était impossible de détacher la permission de sa pratique de la politique. Il aura fallu la déposition de nombreux projets de loi à travers les années avant que l’un d’entre eux ne soit enfin accepté pas la Cour suprême du Canada.

Plusieurs cas de personnes demandant le droit de requérir à l’aide à mourir en fin de vie sont ressortis dans le monde et ils ont tous contribué à leur manière aux changements qui se font au niveau juridique depuis les années quatre-vingt-dix. Retenons surtout ceux arrivés chez nous comme celui très connu de Sue Rodriguez, une femme souffrant de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative qui cause une paralysie musculaire progressive très douloureuse menant éventuellement à la mort. Elle déposa avec Gloria Taylor, qui souffrait de la même maladie, plusieurs demandes pour modifier la constitution qui leur empêchait de bénéficier du suicide assisté. Celles-ci seront toutes refusées.

Il y aussi le cas de monsieur Robert Latimer qui mit fin à la vie de sa fille, celle-ci atteinte de paralysie cérébrale grave. M. Latimer sera déclaré coupable de meurtre au deuxième degré et sa sentence sera de deux ans moins un jour dont une année sera purgée sur la ferme de l’accusé. Le juge avait alors surpris les commentateurs juridiques en statuant qu’une « peine de dix ans serait exagérément disproportionnée par rapport à l’infraction commise.» (Bibliothèque Du Parlement, 2013) Il s’agit ici d’une première distinction entre l’acte de compassion s’associant à l’aide à mourir en fin de vie en opposition au meurtre. Un changement de vision s’installe ainsi.

Avec le temps, une poignée de pays européens ainsi que certains états américains décident de faire le saut et de rendre légal, tous à leur manière, le suicide assisté en fin de vie. Par exemple, En Belgique, on a légalisé l’euthanasie en 2002. Une personne peut donc mettre fin aux jours d’une autre, sans besoin qu’elle soit un médecin, à la demande de cette dernière dans des conditions de maladies causant des douleurs insupportables et étant atteinte d’une maladie incurable. Depuis 2014, on permet aussi aux enfants de bénéficier de l’euthanasie en fin de vie. Bien que la majorité de la population semblait d’accord avec le projet, certains restaient septique vis-à-vis la capacité d’un enfant à pouvoir prendre une telle décision.

On a aussi permis la pratique du suicide assisté aux Pays-Bas, en Suisse et dans les états de l’Oregon, du Vermont et l’état de Washington aux États-Unis.

Les premières mesures parlementaires faites au Canada en lien avec l’euthanasie remontent à 1983 alors que la Commission de réforme du droit du Canada recommande que l’euthanasie ne soit ni légalisée, ni décriminalisée. À partir de 1991, avec l’arrivée de cas comme ceux énoncés plus haut, plusieurs projets de loi par année sont étudiés au Parlement. Ils seront tous refusés. En 1993 la Cour suprême du Canada rejette l’appel de Sue Rodriguez. On assiste alors à un revers frappant pour les militants en faveur du suicide assisté. Sue Rodriguez finira par se suicider avec l’aide d’un médecin.

Véronique Hivon https://www.flickr.com/photos/creepublichealth/8668650323/

Finalement, on s’aperçoit que c’est en 2009 au Québec qu’une nouvelle commission est mise en place pour prendre le pouls de la population sur le sujet. Cette même commission recommandera ensuite la modification de la législation sur les soins de santé pour pouvoir intégrer l’euthanasie aux soins de fin de vie. Véronique Hivon, duParti québécois au Québec dépose son projet de loi no 52 en 2013 et il sera approuvé par l’Assemblée nationale en juin 2014.

Au niveau national, la Cour suprême du Canada invalidera finalement, par un vote unanime, l’interdiction de la pratique du suicide assisté le 5 février 2015. Suite à cette décision récente, « [l]e gouvernement fédéral dispose d’un délai d’un an, à partir de la date du jugement, pour agir. Il pourrait modifier le Code criminel, mais aussi ne rien faire, ce qui rendrait légale l’aide à mourir fournie par un médecin dans les limites des paramètres établis par la Cour. » (Marquis, 2015)

Il aura fallu plus de trente ans de débat social et politique pour approuver et permettre un changement aussi grand il ne nous reste maintenant qu’è attendre t voir quels seront les balises établies par le gouvernement conservateur ou encore la Cour suprême au cours de la prochaine année.

Laurence Vezina

CANADA, BLIOTHÈQUE DU PARLEMENT, L’euthanasie et l’aide au suicide au Canada, Étude générale, Ottawa, Service d’information et de recherche parlementaires, 2013, 32 p.

MARQUIS, Mélanie, Aide à mourir : Trudeau lance un appel à l’action, [en ligne] http://journalmetro.com/actualites/national/723221/aide-a-mourir-trudeau-lance-un-appel-a-laction/ (page consulté le 25 avril 2015)

L’enjeu administratif entourant de nouvelle pratiques médicales

Le projet de loi no 52 proposé par Véronique Hivon fut accepté en juin 2014 au Québec, et le droit inconstitutionnel contre l’euthanasie fut, pour sa part, ratifié en février dernier par la Cour suprême du Canada. Suite à cette dernière décision, le gouvernement fédéral fut alloué par la Cour suprême un an pour établir les lois et règlementations qui s’appliqueront aux médecins voulant pratiquer l’euthanasie. Déjà, au Québec, ce projet mettait en place certains règlements à respecter. Une personne voulant recourir à l’euthanasie doit répondre aux conditions suivantes (Gouvernement Du Québec, 2015) :

  • Elle est une personne assurée au sens de la Loi sur l’assurance maladie.
  • Elle est majeure et apte à consentir aux soins.
  • Elle est en fin de vie.
  • Elle est atteinte d’une maladie grave et incurable.
  • Sa situation médicale se caractérise par un déclin avancé et irréversible de ses capacités.
  • Elle éprouve des souffrances physiques et psychiques constantes, insupportables et qui ne peuvent être apaisées dans des conditions qu’elle juge tolérables.

Or à la fédération des médecins du Québec, on reconnaissait, en 2009, à plus de 80% que l’euthanasie se pratiquait déjà au Québec. Il s’agissait donc de pratiques connues, pour ne pas dire très connues d’un grand nombre de médecins spécialistes du Québec. Mais on parle ici de la pratique du suicide assisté passif où l’on porte des actes tels que la cessation de traitements, l’arrêt d’appareil de maintien de la vie ou encore de l’administration de sédatif dont les doses sont augmentées chaque jour pour soulager le patient le plus possible.

Même lors d’une entrevue avec un étudiant en médecines, celui-ci nous confirmait la pratique de l’euthanasie. Or, pour lui, ces pratiques « sont un avancement [pour la médecine], car présentement, l’aide passive que l’on peut donner, c’est n’est vraiment que pour les gens qui ont un diagnostique souvent de cancer terminal et qui vont mourir très bientôt. » Elle ne s’applique malheureusement pas aux personnes qui ont des maladies graves sans aucune chance de récupérer et dont la vie risque de devenir médiocre ou encore l’est déjà sans qu’elles soient près d’une mort certaine. « Selon [lui], oui c’est un avancement, parce que présentement on ne couvre pas ce genre de personne la qui ont autant une mauvaise qualité de vie que celle en phase terminale d’un cancer. On pourra alors couvrir des personnes qui présentement font seulement rester alitée et qui n’ont pas une bonne qualité de vie; parfois elles ne peuvent bouger ou ne sont pas complètement conscientes. »

On ne doit pas « voir ça comme donner la mort, mais plus un accompagnement physique et psychologique en fin de vie pour justement continuer à avoir une bonne qualité de vie. Pour la médecine, qui veut la santé, celle-ci ne veut pas seulement dire être en vie, ça veut aussi dire être bien dans son corps, bien dans sa tête et donc si on prolonge artificiellement la vie des gens, mais qu’ils n’ont pas cette santé là, le rôle de la médecine n’est pas vraiment rempli. »

Alors qu’on pourrait penser que les changements qui seront nécessaires pour mettre en place les pratiques de l’aide à mourir en fin de vie seront difficile et compliqué, on prend conscience de la place déjà grande du suicide assisté dans les hôpitaux et de comment on va surtout améliorer les pratiques déjà en place.

Laurence Vezina

 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Soin de fin de vie, [En ligne], http://www.soinsdefindevie.gouv.qc.ca/soins-de-fin-de-vie, (consulté le 25 avril 2015)

L’origine d’un questionnement sur la légitimité de l’euthanasie

S’il nous a semblé avoir du faire beaucoup de chemin pour en arriver à un consensus au niveau de la société en faveur de l’aide à mourir, il n’en était pas de même pour nos ancêtres de l’Antiquité. Déjà à l’époque des Grecs et des Romains, bien qu’ils n’étaient pas unanimes, on remarque une forte tendance en majorité positive pour l’acte de suicide le voyant comme un acte de liberté de l’homme. Chez les Romains, on le voyait plutôt comme un « acte vertueux »(Maret. 2000). On ne faisait alors pas de distinction entre le suicide passif ou actif. « La tolérance à l’égard du suicide qui s’est développé dans l’Antiquité à l’époque classique traduisait jusqu’à un certain point un mépris pour la faiblesse, la maladie et l’incapacité de jouer un rôle dans la société après un certain âge »(Bibliothèque du parlement, 2013). On ne voulait pas être un fardeau pour la société alors que les ressources n’abondaient pas dans tous les cas. Il nous fallait vivre une vie qui nous permettrait d’être utiles et d’apporter à notre monde. Une foi malade, il nous était alors presque impossible d’agir dans ce sens. (Bibliothèque du parlement, 2013) La vision de fardeau qui se rattachait alors au suicide est aujourd’hui encore d’actualité alors qu’on craint que certains demandent l’euthanasie par peur d’être un fardeau pour leur entourage. Même dilemme, différente époque.

Si le suicide était jusqu’alors accepté de manière générale dans l’Antiquité, c’est l’arrivée d’une ère marquée par la religion catholique qui sera la cause du changement d’idéologie. On voit alors dans l’acte du suicide une défiance directe envers la volonté de Dieu. Il s’agit ici de s’enlever la vie que celui-ci nous avait donnée. Par contre, l’Église aura aussi pour point de vue le refus de l’acharnement thérapeutique, en respect pour la vie humaine et pour la dignité le l’être humain. On ne parle plus alors de liberté de décider ou d’acte de bravoure, il s’agit de respect pour un corps qui nous est prêté et de rédemption de l’âme. En effet, le suicide était condamné à un tel point que les personnes l’ayant pratiqué n’avaient même pas droit à un enterrement. Le Catholicisme étant jusqu’à ce jour une des religions les plus puissantes et influente du monde, il n’est point surprenant qu’un tel respect des Commandements de Dieu soit encore visible de nos jours.

Or, les nombreuses découvertes scientifiques et médicales viendront changer la façon de voir le suicide assisté dans le monde, sortant celui-ci de son carcan religieux. Si jusqu’ici on parlait seulement de suicide, c’est à partir des années 1960 qu’on commencera à se poser la question sur la nécessité de mesures comme l’euthanasie en fin de vie. Car bien que les découvertes aient été bénéfiques pour la plupart, elles menèrent aussi à de « l’acharnement thérapeutique » où l’on tient parfois des patients dans le coma pendant 10 ans, refusant de le débrancher.

Puis survint la Révolution tranquille. Au Québec, avant celle-ci, on parlait de mourir dans la dignité comme du fait de « mourir en bon catholique », après avoir bénéficié des derniers sacrements par un prêtre à votre chevet.(Melancon, 2012) Après celle-ci, le peuple québécois s’éloigne de plus en plus de la religion. On note un détachement presque complet entre tout ce qui concerne l’État et la Religion. Le québécois veut faire part de discernement dans ces décisions. Suite à ces changements, on décrit alors le fait de mourir dans la dignité comme étant le fait de pouvoir « choisir le moment et le comment de sa propre mort avant que la dégradation ou la déchéance physique et mentale ne surviennent, en bénéficiant de l’aide médicale pour que tout se passe « en douceur » (Melancon, 2012)

Le cheminement vers une société où l’euthanasie en fin de vie est permise et acceptée socialement en fut un long et n’est pas complètement terminé non plus. Il reste encore à mettre en place des balises strictes quant à la pratique ce celle-ci, sans compter les quelques erreurs qui seront peut-être commises dans le futur et qui mettront certainement à l’épreuve la conviction de la société que ces pratiques en sont des bonnes.

Laurence Vézina

 

MARET Michel. L’euthanasie : alternative sociale et enjeux pour l’éthique chrétienne, Éditions Saint-Augustin, 2000, 393 p.

CANADA, BLIOTHÈQUE DU PARLEMENT, L’euthanasie et l’aide au suicide au Canada, Étude générale, Ottawa, Service d’information et de recherche parlementaires, 2013, 32 p.

MELANCON, Marcel J., L’euthanasie et l’aide médicale au suicide, Dossier : mourir dans la dignité : Le rapport et ses suites dans la revue Quoi de neuf, juin-juillet 2012, http://classiques.uqac.ca/contemporains/melancon_marcel_j/euthanasie_aide_medicale_suicide/euthanasie_aide_medicale_suicide_original.pdf

L’euthanasie en Europe

Alors que la Cour suprême du Canada disait oui à l’aide à mourir en fin de vie au début février, ailleurs dans le monde on discute encore de la légitimité de donner la mort à une personne mourante voulant mourir dans la dignité. Voici une vidéo nous provenant de France où des députés discutent du sujet:

Le Point, Fin de vie: la sédation autorisée, l’aide active à mourir rejetée, http://www.lepoint.fr/politique/fin-de-vie-la-sedation-autorisee-l-aide-active-a-mourir-rejetee-12-03-2015-1912135_20.php (12/03/15)

 

Voici aussi une carte de l’Europe donnant une idée d’où et comment l’aide médicale à mourir en fin de vie est permise:

IDÉ, « Euthanasie: la législation en Europe », 2013, sur le site france bleu, [En ligne], http://www.francebleu.fr/infos/euthanasie/euthanasie-la-conference-des-citoyens-preconise-le-suicide-medicalement-assiste-1114994 , (page consulté le 22 mars 2015)
IDÉ, « Euthanasie: la législation en Europe », 2013, sur le site france bleu, [En ligne], http://www.francebleu.fr/infos/euthanasie/euthanasie-la-conference-des-citoyens-preconise-le-suicide-medicalement-assiste-1114994 , (page consulté le 22 mars 2015)

Laurence Vezina

Bonjour mon nom est Laurence,

Je suis présenIMG_0447tement en cours de terminer mon DEC en sciences humaines dans le profil d’administration. Hors de l’école je consacre beaucoup de mon temps au travail. Je suis actuellement responsable à la boulangerie Première moisson depuis maintenant un an. Mis à part l’école et le travail, j’apprécie beaucoup cuisiner, faire du ski et le vin.

Dans le cadre de mon projet de DIASH, ma coéquipière et moi avons choisies de nous concentrer sur l’évolution de la société canadienne par rapport à la question du suicide assisté. Pour ma part, je me concentrerai sur l’évolution historique, politique ainsi qu’administratif de la société canadienne concernant le suicide assisté. Voici d’ailleurs un article de Radio-Canada présentant la position de la population canadienne face à ce sujet.

Finalement, en tant que coéquipière je considère être fiable et organisée. Je pense bien pouvoir livrer un travail ardu et bien exécuté.

Laurence