Archives de catégorie : L’aide médicale à mourir: son évolution

Editorial: La controverse du suicide assisté

Le suicide assisté, l’aide médicale à mourir en fin de vie, mourir dans la dignité, etc. peu importe son appellation la procédure apporte énormément de discussions. Comment s’entendre sur un sujet qui concerne la mort volontaire de certaines personnes? L’évolution sociologique et idéologique des dernières décennies ont permis à la société québécoise d’adopter une opinion en faveur de la procédure. Par contre, celle-ci soulève beaucoup de questionnements. Soyons honnêtes, il est très difficile d’imaginer devoir prendre la décision de planifier le comment et le quand de son décès. Par contre, les gens qui ont recours à une telle procédure sont dans une position dans laquelle la vie ne leur donne pas le choix ; ils vont mourir. Pour l’instant, le projet de loi 52 s’appliquerait uniquement aux personnes conscientes ayant toutes leurs capacités et faisant un choix éclairé et volontaire. Dans ce cas-ci, l’on peut imaginer que le suicide assisté mis en place pour soulager ces personnes prêtes à accepter leur malheureux sort est favorable. En effet, l’aide médicale à mourir en fin de vie serait favorable pour ces derniers qui éviteront de se voir détériorer ou «perdre leur dignité» comme le soutiennent certains. Or, bien que la procédure évite l’acharnement thérapeutique et une fin de vie inimaginable, plusieurs questionnements demeurent au centre des conversations. D’abord, les pressions de l’entourage ne sont pas négligeables. Avec l’instauration du projet de loi 52, plusieurs craignent que les familles ainsi que la société exercent une pression d’avoir recours au suicide assisté par les personnes en fin de vie. Malheureusement, ces craintes sont fondées sur les réalités d’autres pays dont l’euthanasie est déjà pratiquée. Les dérapages sont faciles dans des cas aussi délicats et les preuves d’abus par les médecins ou les familles sont difficiles à récolter. Ainsi, bien que la procédure de l’aide médicale à mourir en fin de vie soit un avancement justifié dans le monde médical, des protocoles importants et stricts doivent être mis en place. Par la suite, une formation des médecins et un soutien psychologique seront nécessaires. Bien que la mentalité de la médecine soit prête à accepter une telle innovation, le personnel médical ne l’est peut-être pas encore. De plus, autant que cette solution soit efficace pour les individus qui sont prêts à avoir recours au suicide assisté, l’État doit conserver et continuer à invertir dans les soins palliatifs. C’est primordial que les personnes en fin de vie aillent le choix entre deux alternatives et non le sentiment d’obligation de choisir l‘aide médicale à mourir en fin de vie. Il est important de considérer que le projet de loi 52 n’est pas mis en place pour sauver de l’argent au gouvernement au niveau des soins palliatifs mais bien pour donner l’option aux individus souffrant de mettre un terme à leur vie avant que la qualité de cette même vie se dégrade. En tout et partout, la société québécoise ainsi que le monde médical sont prêts pour une telle procédure et celle-ci semble logique dans l’avancement sociologique moderne. Par contre, bien que celle-ci soit justifiable, les protocoles et conditions adoptés lors de la mise en place officielle du protocole dans les hôpitaux québécois devront être stricts et se devront d’éviter tout dérapage éventuel et ainsi éviter un chaos total.

Sophie Crevier et Laurence Vezina

Médiagraphie partielle

Béland, Jean-Pierre, ed. Mourir dans la dignité ? Soins palliatifs ou suicide assisté, un choix de société. Québec, QC, CAN: Les Presses de l’Université Laval, 2011, p. 27 à 35 ProQuest ebrary.

Commission de l’éthique de la science et de la technologie, DOCUMENT MOURIR DE DANS LA DIGNITE : Des précisions sur les termes et quelques enjeux éthiques, 2010, http://www.ethique.gouv.qc.ca/fr/assets/documents/Fin-de-vie-et-dignite/mortetdignite_doc1_precisions_termes.pdf [En ligne]

La presse Canadienne, Des médecins contre l’aide médicale à mourir, Radio-Canada, 15 octobre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/10/15/004-projet-loi-52-aide-medicale-a-mourir-coalition-medecins-justice-sociale.shtml [en ligne]

MELANCON, Marcel J., L’euthanasie et l’aide médicale au suicide, Dossier : mourir dans la dignité : Le rapport et ses suites dans la revue Quoi de neuf, juin-juillet 2012, http://classiques.uqac.ca/contemporains/melancon_marcel_j/euthanasie_aide_medicale_suicide/euthanasie_aide_medicale_suicide_original.pdf

POINLANE, Pascal, Le collège des médecins pour l’aide médicale à mourir, septembre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/09/17/004-college-medecins-aide-medicale-mourir-projet-loi-52.shtml [En ligne]

 

L’aide médicale à mourir en fin de vie: un avancement positif

Dans le cadre du cours de DIASH, nous traiterons du thème de l’aide médicale à mourir en fin de vie. Bien que ce sujet soit large, il sera traité du point de vue de l’évolution de la société depuis le début du dernier siècle. Cette évolution permet d’expliquer qu’aujourd’hui une majorité de Québécois sont faveur de cette procédure autrefois impensable. En effet, la population québécoise a vécue un bouleversement idéologique impressionnant au courant des années 1960 qui expliquerait ce renversement de valeurs et l’ouverture éventuelle au suicide assisté. L’aide à mourir, bien que l’idée ne date pas d’hier, est d’autant plus pertinente aujourd’hui puisqu’elle vient d’être acceptée légalement par la Cour Suprême du Canada.  Il est possible pour nous de présumer que l’aide à mourir, si elle est bien gérée, représente un avancement positif pour la société.

Sophie C. & Laurence V.

Retour sur les entrevues

Les entrevues ont été réalisées auprès de deux étudiants, l’un de sexe masculin, Mathieu Lefrançois, et l’autre de sexe féminin, Florence Nguyen, de 2e années de médecine de l’Université de Montréal. Nous avons choisi de faire notre entrevue auprès d’étudiants, car cela nous apportait une vision un peu différente du sujet d’étude et nous permettait aussi de voir et d’étudier le positionnement de chacun vis-à-vis le suicide assisté en fonction de leur âge et de leur niveau d’étude. Or tous deux se sont dit en faveur du suicide assisté en fin de vie, en fonction que de règles bien établies et strictes soient aussi mises en place pour contrôler cette pratique. Tous deux n’étaient toutefois pas prêts à le pratiquer une fois devenu médecin. Une chose qui est ressortie souvent pendant les entrevues est la vision de la médecine qu’avaient les deux étudiants. Chacun a insisté à un moment ou à un autre dans l’entrevue sur l’importance du rôle de la médecine qui est de soigner. Ainsi, pour eux, soigner le patient veut aussi dire de prendre des décisions pour la santé oui physique de la personne, mais aussi psychologique de celle-ci. Et donc il peut arriver que chez certains patients, soulager les souffrances et laisser la personne partir représente aussi un traitement. Il était aussi important pour eux que les règles qui seront mises en place n’aient pas d’ambigüité et encadre très bien la pratique. Étant donné que la première erreur ou le premier débat en relation avec un cas particulier risque d’être très médiatisé, il faut que les lois soient claires pour que la population ne se rebute pas contre la pratique aux premiers accrochages.

Dans le cadre de l’entrevue, nous cherchions aussi à savoir s’il considérait peut-être la possibilité de pression de la société ou de la famille sur un patient pour ait recours au suicide assisté. Or, tous deux croient qu’il y aura des suivis et des tests avec les psychologues qui permettront de détecter de tel cas si ceux-ci surviennent. Le processus d’analyse du dossier du patient ne risque pas de se faire en un après-midi non plus donc, le temps et les ressources nécessaires au bien-être de la demande seront tous fournis. Finalement, les deux futurs médecins ne croient pas que toutes les mesures de soutien psychologique entourant les médecins qui pratiqueront l’aide à mourir en fin de vie sont déjà installées. Il est certain qu’ils seront mis en place éventuellement, mais même en tant qu’étudiant, chacun dit qu’aucun administrateur, professeur ou superviseur n’a parlé du sujet depuis le vote de la Cour suprême en février dernier. Selon l’étudiant, il est aussi important que s’assurer oui de la santé psychologique d’un médecin qui pratique l’aide médicale à mourir, mais aussi de faire des suivis pour être certain que le médecin ne s’habitue pas à la pratique et qu’il ne perde pas son esprit critique face à de nouveaux cas.

Mourir avec dignité, d’accord…mais qu’est-ce que la dignité?

L’aide médicale à mourir en fin de vie : en voilà un sujet qui enflamme une conversation controversée. En fait, à la base, la procédure est majoritairement acceptée par la société québécoise et canadienne. Cependant, c’est dû à certains détails du sujet que certains s’y opposent ou ne s’entendent pas quant à la définition de certains termes. Bien que l’aide médicale à mourir amène plusieurs débats à l’heure actuelle, l’un d’eux semble créer une confusion générale. Ce dilemme prend vie lorsque le terme dignité est mis de l’avant. La procédure de l’aide médicale à mourir en fin de vie a beaucoup de synonymes et l’un d’entre eux communément utilisé est de mourir avec dignité. Quoique ce soit une expression vague qui peut laisser sous-entendre plusieurs éléments, celle-ci est couramment utilisée par les politiciens et même parfois les experts dans ce sujet. Mais qu’est-ce que signifie vraiment mourir en dignité? À la base, le concept de dignité se divise en deux explications différentes : l’une se basant sur des concepts théoriques alors que l’autre s’explique plutôt au niveau psychologique. De plus, la dignité est une notion qui est influencée par plusieurs facteurs dont la source qui l’utilise ainsi que le contexte dans lequel elle est utilisée. Finalement, une définition actuelle peut être hypothétiquement émise selon les utilisations fréquentes de l’expression.

D’abord et avant tout, le terme dignité utilisé couramment rejoint habituellement le concept de dignité subjective qui est relative à l’autonomie d’une personne ainsi qu’à son intégrité psychologique. Cette dignité se distingue par l’individu lui-même. C’est donc de dire que la dignité subjective est les conditions auxquelles la personne se sent toujours digne dans son entier. Cette dignité s’évalue donc au niveau physique et psychologique. Ainsi, dans les discours concernant le concept de mourir en dignité, l’expression se réfère au niveau de la dignité subjective puisque l’individu décide lorsqu’il ne se sent indigne basé sur la baisse de ses capacités mentales et motrices.

À l’opposé, le concept de dignité objective ou intrinsèque contrevient aux notions vues précédemment. En effet, la dignité objective est absolue à l’être humain. Donc, selon cette approche un être humain serait digne de la naissance à la mort par le simple fait d’être un humain et ce, peu importe les conditions de cet individu. Ainsi, comme le disait Marcel Melancon : «le droit de mourir avec dignité revient donc à revendiquer le droit d’être respecté en tant que personne humaine même si on est plus apte à exercer les fonctions de conscience et de liberté décisionnelle qui découlent du fait qu’on soit un être humain» (Melancon, 2011).

Outre que l’angle selon lequel la dignité est perçue, d’autres facteurs peuvent influencer la définition attribuée à la dignité et ainsi compromettre l’exactitude de l’expression «mourir dans la dignité». D’abord, il semblerait que la source de provenance de l’utilisation de «la dignité». Par exemple, ce que l’individu en fin de vue considère être la dignité peut être différent de ce que la société perçoit. Ainsi, plusieurs des individus qui débattent sur la question de la dignité soutiennent que cette variation possible pourrait compromettre les procédures éventuelles de suicide assisté puisque les jugements associés à la dignité d’un patient seraient subjectifs.

De nos jours, en règle générale le concept de dignité s’évalue selon la dignité subjective. Ainsi, mourir en dignité est devenu la possibilité de choisir le moment et la méthode de sa mort. Habituellement, dans le cas de l’aide à mourir en fin de vie, la dignité se perdrait lors du début de la dégradation des capacités physiques ou mentales d’un individu. Comme l’exprimait la députée en charge du projet de loi mourir dans la dignité Mme. Hivon, «Mourir dans la dignité, c’est mourir avec le moins de souffrances possible, mais c’est surtout mourir en ayant le sentiment qu’on est encore la personne qu’on a été pendant toute notre vie»(TEISCEIRA-LESSARD, 2014). Cette vision est la conception majoritaire de mourir dans la dignité selon la société. Il n’en demeure pas moins par contre que les multiples définitions et l’ambigüité face à la dignité reste une préoccupation importante quant à savoir à quel point un individu perd sa dignité et pourrait avoir recours à l’aide médicale à mourir. Les procédures éventuelles concernant le suicide assisté devront assurément préciser la définition de dignité ou l’éliminer complètement du sujet qu’est le suicide assisté pour ainsi éviter des prises de décisions basées sur des jugements subjectifs.

Sophie Crevier

MELANCON, Marcel J., L’euthanasie et l’aide médicale au suicide, Dossier : mourir dans la dignité : Le rapport et ses suites dans la revue Quoi de neuf, juin-juillet 2012, http://classiques.uqac.ca/contemporains/melancon_marcel_j/euthanasie_aide_medicale_suicide/euthanasie_aide_medicale_suicide_original.pdf

TEISCEIRA-LESSARD, Philippe, Les Québecois pourrons «mourir dans la dignité», La presse, 5 juin 2014, http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201406/05/01-4773135-les-quebecois-pourront-mourir-dans-la-dignite.php [En ligne]

Les pressions extérieures au cœur des discussions sur l’aide médicale à mourir en fin de vie

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Source: Radio-Canada http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/11/22/001-euthanasie-quebec-sondage2.shtml

Le vote en faveur de l’aide médicale à mourir accepté au commencement de l’année 2015 démontre un avancement sociologique et médical majeur et bien que la majorité de la population s’entend pour dire que cette procédure est valable et acceptable, plusieurs préoccupations sont au cœur des discussions. Bien que les 18 prochains mois annoncent la mise en place d’un protocole détaillé et indulgent, des inquiétudes se forment auprès de la communauté. L’une d’elles est celle de la pression ressentie par les patients venant de leur entourage. En effet, plusieurs craignent que l’aide médicale à mourir devienne un moyen que les gens utiliseront pour mettre fin à leur vie pour éviter d’être un fardeau à leur famille et à la société malgré leur volonté personnelle de continuer à vivre. Certains groupes d’experts contre la procédure entendent même que le suicide assisté serait mis en place pour sauver de l’argent au gouvernement puisque «la piqure» ne couterait qu’environ 10$ alors que les soins palliatifs en coutent des milliers(La Presse Canadienne, 2013). Bien entendu, il est impossible d’émettre des conclusions claires face à ces craintes tant et aussi longtemps que les procédures n’auront pas débuté. Par contre, il est possible d’envisager certaines hypothèses basées sur les pays ayant déjà légalisé l’aide médicale en fin de vie. En règle générale, la perte de contrôle de la part de l’État et des médecins concernant la possibilité de commettre la procédure ou non sur un patient se produit assez rapidement. Il faut se rappeler que malgré un protocole très détaillé, la décision finale d’appliquer ou non l’aide médicale à mourir en fin de vie à un patient demeure entre les mains d’un médecin. C’est donc pourquoi quelques moyens pourraient éventuellement être entrepris pour contrer le risque de perte de contrôle.

D’abord, il est important de noter qu’à la base un patient en fin de vie est bouleversé émotivement et mentalement. C’est d’ailleurs pourquoi plusieurs d’entres-eux seraient possiblement plus influençables et ce dont beaucoup d’individus contre le suicide assisté tentent d’expliquer. Ces derniers soutiennent que l’accessibilité à la procédure de l’aide à mourir en fin de vie entrainerait un sentiment du «devoir de mourir» pour libérer sa famille et sa société de ce fardeau dont ils se considèrent. À titre d’exemple, la campagne Québec-vie soutient même que l’aide médicale à mourir en fin de vie apporterait non seulement de l’abus de la procédure mais aussi «des retentissements défavorables sur les attitudes sociales envers les personnes gravement malades, avec des handicaps, ou d’un âge avancé»(Campagne Québec-vie). Bien que cette affirmation soit extrémiste, elle pousse tout de même à réfléchir aux répercussions sociales qu’aurait l’application d’une telle intervention. Dans le même ordre d’idées, d’autres manifestants contre ce vote soutiennent qu’avec le vieillissement de la population, le suicide assisté deviendrait une solution pour contrer le phénomène plutôt que d’investir dans de nouveaux soins palliatifs. Ces inquiétudes partagées par plusieurs citoyens et experts devront être grandement considérées lors de l‘établissement du protocole de l’aide à mourir en fin de vie. Ainsi, certains aspects ne doivent pas être oubliés.

 D’abord, le rôle de l’État sera crucial afin d’éviter une perte de contrôle des procédures du suicide assisté. Comme le rapporte le document de réflexion Mourir dans la dignité : Des précisions sur les termes et quelques enjeux éthiques publié par le gouvernement du Québec (Commission de l’éthique de la science et de la technologie, 2010), l’État devra protéger les personnes vulnérables des pressions extérieures pouvant être exercées sur ces derniers. Ainsi, le gouvernement devra d’abord et avant tout s’assurer que les soins pour personnes en fin de vie ou âgées sont adéquats. L’aide médicale à mourir en fin de vie se doit de demeurer un choix personnel basé sur une acceptation personnelle de sa mort inévitable et non un soulagement personnel dû à la maltraitance ou à l’inconfort des soins apportés. Par la suite, l’État se doit d’être concerné par la réputation des personnes en fin de vie. En effet, certains soutiennent que le suicide assisté pourrait entrainer une réputation de «fardeau» à la société des gens en fin de vie qui choisissent de ne pas avoir recours à la procédure d’aide à mourir. L’éventualité d’une telle réputation entrainerait certainement une pression externe d’accepter l’aide à mourir.

 Par contre, le gouvernement est limité dans les moyens qu’il peut prendre pour contrer les pressions de l’entourage autant sur le patient que sur le médecin puisqu’il n’a pas d’interaction directe avec les patients en fin de vie. C’est donc pourquoi les médecins auront un impact crucial sur le «succès» de la mise en place d’une telle procédure. Puisque les médecins interagissent de façon immédiate avec les principaux concernés, soit les patients, ils se devront d’être vigilants quant aux jugements qu’ils passeront à savoir si le patient choisis l’aide médicale à mourir ou s’il le fait pour «libérer» sa famille ou son entourage qui exerce une pression malsaine. Ainsi, c’est pourquoi plusieurs individus concernés par ce problème soutiennent que les médecins se doivent d’avoir des formations de plus pour être en mesure d’évaluer à quel point le patient se sent obligé ou influencé. Bien entendue, cette suggestion n’est pas partagée par tous.

 Ainsi, les pressions de la société et de l’entourage exercées sur les patients en fin de vie sont une préoccupation importante et non négligeable. Plusieurs questions doivent être abordées concernant ce sujet avant la mise en place officielle de cette procédure controversée. L’État et les médecins seront les acteurs les plus importants dans la question et concernant les solutions pour éviter un débordement lors de la mise en place de l’aide à mourir en fin de vie.

Sophie Crevier

La Presse Canadienne, Des médecins contre l’aide médicale à mourir, octobre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/10/15/004-projet-loi-52-aide-medicale-a-mourir-coalition-medecins-justice-sociale.shtml [En ligne]

Campagne Québec-vie, Non à l’euthanasie et au suicide assisté: Aucune condition particulière ne les justifie, http://www.cqv.qc.ca/non_l_euthanasie_et_au_suicide_assist_aucune_condition_particuli_re_ne_les_justifie [En ligne]

Comission de l’éthique de la science et de la technologie, DOCUMENT MOURIR DE DANS LA DIGNITE : Des précisions sur les termes et quelques enjeux éthiques, 2010, http://www.ethique.gouv.qc.ca/fr/assets/documents/Fin-de-vie-et-dignite/mortetdignite_doc1_precisions_termes.pdf [En ligne]

Radio-Canada http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/11/22/001-euthanasie-quebec-sondage2.shtml

La moralité de la médecine changeante : Qu’en pensent les médecins?

Un consensus général, peu importe le sujet, est rarement réalisable. Les idéologies, les personnalités et les cultures permettent aux individus d’avoir des opinions différentes un même sujet. C’est entre autres la raison que le vote majoritaire est prôné dans les sociétés démocratiques qui sont fondées sur l’aspiration de représenter l’ensemble des citoyens. Or, bien que cette représentation de la majorité soit exercée, une minorité s’oppose toujours au résultat obtenu. C’est d’ailleurs le cas de la décision prise par la Cour Suprême du Canada qui a accepté le projet de loi 52 sur l’aide médicale à mourir en fin de vie. Bien évidemment, le sujet abordé est très délicat et controversé. Les opinions publiques sur l’affaire sont bien connues. Par contre, les réflexions des médecins restent plus sous le silence considérant qu’ils sont les principaux acteurs dans cette histoire. Que pensent-ils vraiment de la mise en place d’une procédure qui, à la base, semble contrer les valeurs médicales actuelles?

 Basée sur les médecins qui se sont prononcés publiquement sur la question, l’opinion semble être mitigée mais tout de même majoritairement pour le suicide assisté. En effet, plusieurs professionnels soutiennent que l’aide médicale à mourir en fin de vie n’est que la continuité logique de l’avancement médical si elle est bien structurée et exercée. Le collège des médecins du Québec a été une organisation active quant aux discussions sur le sujet. Celui-ci soutient le projet depuis la déposition du dossier sur la loi 52. Par contre, comme le précise leur représentant Dr. Charles Bernard : «Pour nous, l’aide médicale à mourir doit rester une intervention exceptionnelle réservée aux situations où une personne souffrant d’une maladie grave et incurable et qui est en phase terminale éprouve des souffrances constantes et difficiles à soulager» (POINLANE, 2013). Ainsi, leur préoccupation la plus importante face au suicide assisté est la position des individus dont les capacités sont réduites (Alzheimer, démence, capacités physiques, etc.). Le Collège des médecins encouragent donc la mise en place du projet en autant que celui-ci procure une protection aux individus plus susceptibles d’être influencés ou de suivre la procédure contre leur gré.

Source: Photo de Olivier Jean, La Presse
Source: Photo de Olivier Jean, La Presse

Or, cette opinion ne se partage pas par tous. La Coalition des médecins pour la justice sociale, menée par Dr. Paul Saba s’oppose à cette opinion populaire. Ce dernier soutient que le risque de l’instauration d’une procédure telle que l’aide médicale à mourir en fin de vie poserait de graves problèmes légaux. Le docteur soutient aussi que le gouvernement Canadien entreprend de telles mesures avec la seule intention de diminuer ses dépenses consacrées aux soins palliatifs. Il y aurait même un total de 9 millions de médecins membres de l’association médicale mondiale qui dénoncerait aussi l’euthanasie (La Presse Canadienne, 2013).

 Le débat ne cessera pas de sitôt. La morale de la médecine a tellement évolué au courant des dernières décennies qu’il est difficile d’imaginer un accord commun entre toutes les générations de médecins. Qu’en est-il pour les futurs médecins par contre? Mathieu Lefrancois, étudiant en médecine à l’Université de Montréal soutient être en faveur de l’aide médicale à mourir en fin de vie. Selon ce dernier, le suicide assisté passif s’exerce déjà dans les hôpitaux. Ainsi, il soutient que la pratique d’une telle procédure éviterait l’acharnement thérapeutique exercé sur certains patients pour tenter de les garder en vie. Selon le jeune étudiant, la qualité de la vie prévaut sur la quantité et si le suicide assisté permet aux gens en fin de vie d’avoir plus de contrôle sur leur mort inévitable ainsi que d’éviter des souffrances atroces, il ne voit pas pourquoi il s’y opposerait. Dans tout les cas, la certitude qui demeure est celle que les médecins se devront d’être bien encadré ainsi que possiblement avoir le choix de pratiquer ou non cette procédure. Par contre, rien de cela n’est confirmé pour le moment. À voir!

POINLANE, Pascal, Le collège des médecis pour l’aide médicale à mourir, septembre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/09/17/004-college-medecins-aide-medicale-mourir-projet-loi-52.shtml [En ligne]

La Presse Canadienne, Des médecins contre l’aide médicale à mourir, octobre 2013, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/10/15/004-projet-loi-52-aide-medicale-a-mourir-coalition-medecins-justice-sociale.shtml [En ligne]

Photo: JEAN, Olivier, La Presse http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201302/19/01-4623235-des-medecins-se-mobilisent-contre-laide-medicale-a-mourir.php

Sophie Crevier

L’euthanasie en Europe

Alors que la Cour suprême du Canada disait oui à l’aide à mourir en fin de vie au début février, ailleurs dans le monde on discute encore de la légitimité de donner la mort à une personne mourante voulant mourir dans la dignité. Voici une vidéo nous provenant de France où des députés discutent du sujet:

Le Point, Fin de vie: la sédation autorisée, l’aide active à mourir rejetée, http://www.lepoint.fr/politique/fin-de-vie-la-sedation-autorisee-l-aide-active-a-mourir-rejetee-12-03-2015-1912135_20.php (12/03/15)

 

Voici aussi une carte de l’Europe donnant une idée d’où et comment l’aide médicale à mourir en fin de vie est permise:

IDÉ, « Euthanasie: la législation en Europe », 2013, sur le site france bleu, [En ligne], http://www.francebleu.fr/infos/euthanasie/euthanasie-la-conference-des-citoyens-preconise-le-suicide-medicalement-assiste-1114994 , (page consulté le 22 mars 2015)
IDÉ, « Euthanasie: la législation en Europe », 2013, sur le site france bleu, [En ligne], http://www.francebleu.fr/infos/euthanasie/euthanasie-la-conference-des-citoyens-preconise-le-suicide-medicalement-assiste-1114994 , (page consulté le 22 mars 2015)

Sophie Crevier

Salut ,

Mon n1077266_10152116720803902_7921143_oom est Sophie, et je termine présentement un DEC en Sciences humaines. À l’extérieur de l’école, je travaille dans une pharmacie comme technicienne et j’ai une passion pour les Canadiens de Montréal.  J’aime aussi manger des sushis, mais des faux sushis, car j’aime seulement ceux au poulet ou végétariens.

Dans une équipe, je suis une personne qui met beaucoup de temps dans mon travail car j’apprécie quand celui-ci est bien fait. Je suis ponctuelle et toujours de bonne humeur. Même si l’organisation n’est pas l’une de mes forces, mon travail est toujours fait lorsqu’il est nécessaire qu’il le soit.

Le sujet d’étude de mon équipe porte sur l’aide à mourir en fin de vie. Pour ma part, j’analyse le côté sociologique, psychologique et philosophique du sujet. Je porte une attention particulière aux changements qui se sont produits au Québec depuis les 50 dernières années au niveau de ces disciplines. Voici justement un lien vers un vidéo où l’on observe une discussion entre trois personnes qui ont perdu un être cher et qui s’interrogent sur la signification d’une « bonne mort ».

Sophie