Archives de catégorie : Le citoyen et l’environnement

La dissonance cognitive et l’approche motivationnelle

Tel que mentionné dans l’un des articles précédents, l’inaction ne s’explique pas totalement pas l’incompréhension des changements climatiques. Plusieurs concepts de la psychologie tels que la dissonance cognitive, mais aussi l’approche motivationnelle peuvent nous éclairer afin de mieux cerner la situation actuelle caractérisée par un grand nombre de gens qui font abstraction des changements climatiques même s’ils sont conscients jusqu’à un certain point que ce problème s’aggrave chaque jour.

La dissonance cognitive

La dissonance cognitive est un terme employé pour expliquer qu’un individu subit des tensions psychologiques importantes lorsqu’il est incapable d’accorder de façon cohérente sa compréhension d’un problème ou ses propres valeurs avec ses comportements quotidiens. En effet,  on dit que «l’Homme cherche à maintenir un certain équilibre interne, en essayant de faire en sorte que les éléments de son univers personnel (opinions, agissements, etc.) soient consistants les uns par rapport aux autres» (Vaidis et Halimi-Falkowicz, 2007). Selon l’auteur de cette théorie, Léon Festinger, les relations entre plusieurs cognitions peuvent être caractérisées de trois façons, soit la dissonance, la consonance et la neutralité :

Deux cognitions sont dissonantes quand elles ne vont pas bien ensemble (e.g., « je fume » + « je sais que fumer tue »), consonantes quand elles vont bien ensemble (e.g., « je fume » + « j’aime fumer »), ou neutres quand elles n’ont aucun rapport (e.g., « je fume » + « il fait beau »)  (Vaidis et Halimi-Falkowicz, 2007)

Pour ce qui est des attitudes vis-à-vis le réchauffement planétaire, il peut en résulter des cognitions dissonantes qui provoqueront un certain inconfort mental ou un sentiment de culpabilité si un individu juge qu’il faudrait agir de manière plus écologique, mais qu’il n’est pas en mesure de traduire ses valeurs ou sa compréhension du problème dans ses propres gestes (p. ex., si l’individu en question a des habitudes bien ancrées de surconsommation ou de gaspillage) (Rabourdin, 2001-2002). Cela est aussi vrai, par exemple, pour quelqu’un qui occupe un emploi dans une compagnie qui pollue énormément, car cela pourrait jouer sur ses intérêts et avoir une incidence sur sa volonté d’opter pour le changement.

La déresponsabilisation

Lorsqu’un individu agit de façon contraire à ses convictions, on dit donc qu’il y a «dissonance». L’individu va se protéger des tensions inconfortables qu’il subit en tentant par tous les moyens possibles de diminuer le paradoxe qui se cache « entre ce [qu’il ] est et ce qu’[il] voudrait être » ainsi que le contresens créé par le fossé séparant ses bonnes intentions et ses efforts réels en vue d’un changement. La personne risque donc d’adapter ses valeurs, ses opinions ou ses attitudes avec ses comportements au lieu de modifier ses comportements pour les conformer à ses valeurs et ses convictions. Dans le cas qui nous intéresse, il en ressort un certain fatalisme qui se traduit souvent par penser que ça ne sert à rien d’adapter ses comportements puisque de toute façon « chaque fois que tu fais quelque chose, tu pollues de toute façon » (Rabourdin, 2001-2002). L’individu est aussi porté régulièrement à se déresponsabiliser et nier consciemment ou inconsciemment son implication dans le problème (p. ex., jeter le blâme sur les autres, penser que d’autres personnes compétentes s’occuperont de trouver des solutions) ou même nier l’existence du problème (p. ex., décrédibiliser les connaissances scientifiques) (Rabourdin, 2001-2002). D’ailleurs, selon Festinger, «plus la dissonance [est] forte, plus le travail de réduction de la dissonance sera important» (Festinger, 1957). C’est ainsi que l’individu tente désespérément de s’assurer que son confort ne soit pas perturbé par un problème qu’il juge à la base inquiétant.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/CognitiveDissonanceDiagram.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/CognitiveDissonanceDiagram.jpg

L’approche motivationnelle

Lorsqu’il y a dissonance cognitive, c’est la motivation qui pousse un individu à adopter de nouveaux comportements. L’approche motivationnelle «est spécifiquement conçu[e] pour aider les gens à sortir de l’immobilité, à quitter leur ambivalence passée pour adopter un nouveau comportement plus positif » (Rollnick et Miller, 2006). Parmi les stratégies les plus susceptibles de développer cette motivation au changement, on dit qu’il faut « développer la divergence, pour s’en servir en l’amplifiant jusqu’à ce qu’elle surpasse l’inertie qui maintient le statu quo » entre autres parce que « le changement est motivé par la perception d’une divergence entre le comportement présent et les objectifs ou les valeurs personnels » (Rollnick et Miller, 2006). Ainsi, individu sera porté à agir à partir du moment où il conçoit ses comportements de déresponsabilisation comme une trop grande contradiction à ses propres principes, ses valeurs ou sa compréhension des changements climatiques.

Il existe aussi d’autres facteurs jouant sur la motivation à changer: la constatation d’inconvénients au statu quo, la perception d’avantages éventuels liés à un changement, le degré d’optimisme ou de confiance ressenti par individu ou un groupe quant à sa capacité à modifier ses comportement et finalement l’intention et la volonté réelle de s’engager pour qu’un changement finisse par se concrétiser (Rollnick et Miller, 2006).

Samuel Gamelin

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Médiagraphie

Rollnick, S. et Miller W.  (2006). L’entretien motivationnel – Aider la personne à engager le changement, Paris : InterEditions.

Rabourdin, S. (2001-2002). La société face aux changements climatiques : une indifférence durable.

Vaidis D. et Halimi-Falkowicz S. (2007). La théorie de la dissonance cognitive : une théorie âgée d’un demi-siècle. Revue électronique de Psychologie Sociale, n°1, pp. 9-18.

L’inaction s’explique-t-elle par l’incompréhension?

dessin de David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress
réalisé par David Sipress http://www.newyorker.com/contributors/david-sipress

La plupart des citoyens sont conscients qu’il s’opère actuellement de nombreux changements du climat et que ce problème va fort probablement se détériorer, mais cela ne les empêche pas de conserver un niveau de préoccupation assez faible (Pruneau et al., 2008). Comment pourrait-on tenter d’expliquer l’écart qui s’accroît constamment entre, d’une part, l’inquiétude de la communauté scientifique quant aux dangers envisageables des changements climatiques sur notre habitat et nos modes de vie et, d’autre part, les comportements individuels peu écologiques qui semblent être le reflet global d’une faible préoccupation de la plupart des citoyens?

 Premièrement, serait-il juste de blâmer un certain manque de compréhension de la part de la population pour expliquer son inaction face aux changements climatiques? Une bonne réponse à cette question se doit d’être nuancée, mais il est certain que la mobilisation passe en partie par une prise de conscience et une compréhension des changements climatiques et même plus globalement par une meilleure compréhension du climat en général (Lammel et al., 2012). En effet, il semble que le degré de compréhension « influe sur les niveaux de préoccupation, de croyance et de perception du risque qui, à leur tour, ont un impact sur la motivation » (Lammel et al., 2012). Ainsi, d’un côté, une meilleure compréhension du sujet dans son ensemble peut favoriser un individu à adopter des comportements plus écologiques. À l’inverse, la présence de certaines croyances erronées qui sont parfois très partagées dans la société, par exemple, croire que les changements climatiques n’affecteront pas les pays développés peut amener plusieurs personnes à « sous-estimer l’ampleur des risques » du réchauffement planétaire (Lammel et al., 2012).

Le meilleur moyen de contrer l’incompréhension passe par l’éducation et l’acquisition de nouvelles compétences. Plus un individu a d’occasions de solliciter ses capacités cognitives, plus elles s’adapteront notamment par le biais d’« expériences éducatives » (Bee et Boyd, 2011) qui favorisent l’acquisition de la pensée formelle permettant entre autres la pensée abstraite, le raisonnement hypothético-déductif, la logique déductive, la résolution systémique de problèmes et aussi une meilleure anticipation des conséquences à long terme (Bee et Boyd, 2011). Si ce stade de la pensée facilite la recherche de multiples solutions à un problème complexe et parfois abstrait, on remarque parfois une transition du fonctionnement cognitif vers un autre stade appelé la pensée postformelle qui est quant à elle, une forme moins abstraite de la pensée que la pensée formelle, mais qui est plus orientée vers l’application concrète de solutions dans la vie de tous les jours. De pair avec le développement de ces deux modes de pensée, plusieurs études ont permis de déterminer les compétences qu’ont développées des citoyens qui s’impliquent actuellement dans la lutte aux changements climatiques pour être aptes à trouver des solutions et changer leurs comportements. On peut définir une compétence comme « un ensemble de ressources cognitives (savoirs, savoirs faire, savoir agir) et métacognitives (savoir observer, contrôler et améliorer ses stratégies cognitives), conatives (motivation à agir), physiques, sociales (recourir à un expert), spatiales (utilisation efficace de l’espace), temporelles (organisation pertinente du temps), matérielles (utilisation efficace d’un livre, d’un outil) et affectives » (Pruneau et al., 2011). Actuellement, les compétences les plus importantes qui ont été ciblées sont les suivantes : la pensée prospective qui se rattache à l’anticipation des conséquences à long terme de la pensée formelle, la prise de décision, la pensée critique et l’optimisme (Pruneau et al., 2013).

À première vue, l’incompréhension peut donc sembler une lacune qui empêche les gens d’agir. Cependant, le problème semble avoir des causes beaucoup plus complexes puisque les gens sont pour la plupart quand même conscients que le climat subit des changements importants et ils savent que ce problème pourrait s’aggraver dans le futur (Pruneau et al., 2008), mais il n’en résulte presque rien en termes d’actions concrètes. Dans son mémoire, Sabine Rabourdin illustre d’une façon très simple, mais évocatrice, la situation :

les gens connaissent le phénomène mais en ignorent les causes. Ils n’en mesurent pas les conséquences, ils n’en connaissent pas bien les origines et ne cherchent souvent pas à en savoir davantage. Mais pourtant, ils savent souvent comment y remédier, sans pour autant traduire dans leur comportement ces connaissances. Ainsi, paradoxalement, bien que les causes soient mal identifiées, les remèdes proposés sont assez réalistes (usage de la voiture, contrôle de la consommation énergétique, …)  (Rabourdin, 2001-2002)

 

Ainsi, l’incompréhension est une explication insatisfaisante pour justifier l’inaction. Bien que tout le monde n’est pas en mesure de saisir les changements climatiques dans toute leur complexité (causes, conséquences), la plupart d’entre nous sommes souvent capables d’identifier des solutions qui pourraient faire de grands changements et plus encore, on nous submerge constamment d’informations qui visent à éveiller notre conscience écologique et nous fournir davantage de connaissances à ce sujet. Comment se fait-il que la prévention ne semble pas avoir l’effet espéré? En fait, on est de plus en plus forcé de constater que « le refus ne peut pas totalement se soigner avec de l’apport de diverses informations, davantage d’information risque aussi d’intensifier le refus [d’agir] » (Rabourdin, 2001-2002).

Samuel Gamelin

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Médiagraphie :
Bee, H. et Boyd, D. (2011). Les âges de la vie, Saint-Laurent, ERPI.

Lammel, A., Dugas, E. et Gutierrez, E. (2012).  L’apport de la psychologie cognitive à l’étude de l’adaptation aux changements climatiques : la notion de vulnérabilité cognitive. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Demers, M. et Khattabi, A. (2008). Éduquer et communiquer en matière de changements climatiques : défis et possibilités.  La revue électronique en sciences de l’environnement.

Pruneau, D., Kerry, J. et Langis, J. (2013). Étude des compétences propices au soin et à la transformation de l’environnement. La revue électronique en sciences de l’environnement.

Rabourdin, S. (2001-2002). La société face aux changements climatiques : une indifférence durable.

Éditorial : L’homme est-il responsable de son environnement ?

Les enjeux climatiques sont un phénomène qui touche la population mondiale. Entre catastrophes naturelles, politiques environnementales, désavantages économiques, partage des ressources naturelles, la conscientisation de la communauté internationale et beaucoup d’autres perspectives, cet enjeu ne fait que prendre de l’ampleur. Chaque année la situation évolue, nous arrivons bientôt à point de non retour. Les conséquences causées par notre mode de vie matérialiste et industriel deviennent de plus en plus importantes et dangereuses pour notre future vie sur terre. Effectivement, les plus récentes études concernant le réchauffement climatique ne semblent pas dresser le portrait d’une situation qui va en s’améliorant, mais bien d’un scénario catastrophe. En effet, les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir et traduisent bien l’importance du sujet. Parmi celles-ci, il y a l’amplification en intensité et en nombre des catastrophes naturelles à l ‘échelle mondiale : ayant passées de 50 par années entre 1970 et 1985 à 120 en 1995 et plus de 400 en 2010.

Également, les changements climatiques correspondent à un facteur supplémentaire d’inégalité et de disparité dans le monde. Les populations des pays les plus pauvres sont les plus vulnérables face à ses changements, alors qu’ils sont les moins responsables. Ils ne peuvent pas se préparer et parvenir à s’adapter aux changements, alors que ceux-ci accentuent leurs situations précaires comme la sécurité alimentaire, l’accès aux soins, à l’eau, etc. Ces populations sont malheureusement les premières victimes des actuels et futurs changements climatiques. Ils en souffrent déjà depuis longtemps avec la répartition inégale de l’eau partout dans le monde. Ils doivent travailler fort et parfois marcher des kilomètres simplement pour parvenir à obtenir une source aussi vitale qu’est l’eau. À mon avis, c’est une très grande injustice de priver des populations d’une ressource vitale, de la rendre difficile à obtenir et même parfois offrir de la mauvaise qualité et les rendre malades. L’accès à l’eau potable est un droit naturel et tout le monde devrait pouvoir y accéder facilement.

http://pixabay.com/fr/monde-squeeze-planète-environnement-303376/
http://pixabay.com/fr/monde-squeeze-planète-environnement-303376/

Comment se fait-il que les occidentaux, en sachant que leur mode de vie à de graves répercussions, sont très peu enclin au changement ? Notre éducation environnementale est-elle à mettre à jour ? Devons-nous blâmer le bien-être de notre société de consommation ? Une chose est clair : nous sommes conscients de tous les changements qui s’opèrent sur notre planète, mais très peu de gens vont s’engager à changer leur mode de vie afin d’améliorer la situation. D’après nous, l’homme ne peut nier sa part de responsabilité dans les changements climatiques. L’industrialisation, par exemple, ne s’est pas fait sans son implication. Ceci nous amène à penser au débat qui entoure les enjeux climatiques où certains soutiennent qu’il est trop tard pour changer les choses, tandis que d’autres affirment que grâce aux avancées technologiques nous devrions être capable de modifier nos habitudes environnementales. Bien évidemment, les individus ont besoin d’exemples sur lesquels se baser. Le gouvernement du Canada, par exemple, a été le premier a se retirer du protocole de Kyoto ce qui est du jamais vu. C’est dommage, car nous avons peu de temps pour agir et changer nos habitudes, mais nous ne sommes aucunement encouragés par notre gouvernement.

Bilan de l’année 2014 par Équiterre

 

Noémie Duchesne Stéphanie LeBel et Samuel Gamelin

 

Le principe de précaution et la décroissance

 

 

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https://www.flickr.com/photos/48248551@N04/4543667508/

L’incertitude scientifique et le principe de précaution

Parmi les références incontournables pour bien cerner les changements climatiques, il y a le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est un organisme composé de scientifiques «a[yant] pour mandat d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport avec la question du changement du climat » (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, 2013). Selon le tout dernier rapport de cette communauté d’experts reconnus à travers le monde, il est possible d’affirmer que l’activité humaine est presqu’assurément responsable de ce bouleversement de l’environnement, soit avec une probabilité de 95% (GIEC, 2013). D’ailleurs, en cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une foule d’informations intéressantes concernant les derniers rapports du GIEC :

http://leclimatchange.fr/les-elements-scientifiques/  

Encore aujourd’hui, beaucoup de gens justifient leur faible préoccupation à l’égard des changements climatiques par la mince incertitude scientifique qui subsiste concernant certaines causes ou conséquences de cette transformation drastique du climat. Bien qu’il est effectivement difficile pour la communauté scientifique de quantifier avec exactitude la probabilité qu’un tel phénomène soit la cause d’un autre, ou bien de prédire les conséquences exactes qui adviendront lorsque Mère Nature se révoltera et sortira de ses gonds comme jamais nous ne l’avons vu le faire; il reste néanmoins que «tous les scientifiques du GIEC s’attendent à une évolution rapide, avec des effets violents et soudains […] demand[ant] des réponses rapides et anticipées» (Biagiotti et Mongruel, 2001).

Cette situation a forcé les scientifiques à développer ce qu’on appelle le principe de précaution qui peut être définit de la façon suivante:

 la nécessité d’agir en dépit des incertitudes scientifiques […] il s’agit d’une règle de comportement et de décision à observer en l’absence de certitudes scientifiques relatives à une activité dont on peut raisonnablement supposer qu’elle comporte un risque immédiat ou futur pour la société ou l’environnement (Rabourdin, 2001-2002)

Les fondements du principe de précaution découlent du principe de responsabilité dont l’auteur est le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993). Ce principe peut être paraphrasé en une simple phrase: «in dubio pro malo», ce qui veut dire «dans le doute, abstiens-toi» ou «dans le doute prends le choix le plus pessimiste» (Jonas in Moatti, 2013). À partir de ce principe, Hans Jonas formule plusieurs impératifs catégoriques qui devraient dicter tous nos choix dès lors qu’ils sont susceptibles d’avoir un impact sur notre avenir en tant qu’espèce: «Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre» ou en d’autres mots «jamais l’existence ou l’essence de l’homme dans son intégralité ne doivent être mis en jeu dans les paris de l’agir» (Jonas in Hansen-Love, 2012). Actuellement, cela semble le seul moyen de se sortir de ce qui pourrait devenir une impasse. Tôt ou tard nous serons confrontés à ce que Jonas appellerait «l’ultime veto de la nature contre l’utopie» (Jonas in Flamant, 2009). L’utopie en question, c’est de penser que nous pouvons encore vivre comme nous le faisons présentement pendant encore longtemps…

La décroissance

On ne peut pas dire que les principes évoqués précédemment sont généralement suivis. Pourtant, si nous voulons limiter les dégâts, nos modes de vie devront drastiquement changer, voire être réorganisés et repensés, mais de quelle façon? Je vous invite à écouter la vidéo qui suit; Yves-Marie Abraham,  un professeur au HEC de Montréal, y soutient l’idée que cette réorganisation de nos société doit passer inévitablement par une décroissance soutenable.

référence: Yves-Marie ABRAHAM, Décolonisons notre imaginaire, Montréal, TEDx HEC Montréal, 2014, 18 min. , https://www.youtube.com/watch?v=cyvw6UbwTv0

Conclusion

Pour conclure, voici une chanson du groupe britannique Muse dont le contenu est directement en lien avec tout ce qui a été évoqué précédemment.  Il s’agit d’une composition épique divisée en trois mouvements  intitulée «Exogenesis: Symphony». Après avoir fouillé tous les recoins de toutes les galaxies à leur portée, on y raconte le désespoir des hommes lorsqu’ils s’apercevront– au moment où il est déjà trop tard, hélas ! – qu’ils sont parvenus à détruire la seule planète qui rendait possible la vie humaine.

 

Samuel Gamelin

La responsabilité de l’homme face aux changements climatiques et les défis à venir

Les plus récentes études concernant le réchauffement climatique ne semblent pas dresser le portrait d’une situation qui va en s’améliorant, mais bien d’un scénario catastrophe. En effet, on estime que le réchauffement des températures moyennes devrait s’intensifier de 2 °C d’ici 2050 et qu’ensuite nous serions confrontés, si la tendance se maintient, à un réchauffement d’au moins 4 à 5 °C d’ici 2100[1]. Si ces prévisions venaient à se concrétiser, il s’agirait d’une évolution drastique et rapide des températures dont l’ampleur et les conséquences restent particulièrement difficile à prévoir et à imaginer.  Toutefois, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à une boule de cristal pour constater que le climat se transforme; la température de l’hémisphère nord a atteint des sommets inégalés depuis 500 ans et possiblement même depuis 1 300 ans[2]. Défini  par le gouvernement du Canada comme «une modification à long terme des caractéristiques associées au temps [telles que]  la température, les précipitations, la configuration des vents et d’autres indicateurs»[3], le réchauffement climatique et ses premières conséquences se font déjà sentir. Parmi celles-ci, il y a l’amplification en intensité et en nombre des catastrophes naturelles à l’échelle mondiale[4],  la disparition de la banquise arctique  d’ici 2054[5]  et une augmentation du niveau moyen des océans qui devrait atteindre 1 mètre et même jusqu’à 2 mètres d’ici la fin du siècle[6] .  Actuellement, une des références incontournables pour comprendre le phénomène en question, c’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est un organisme composé de scientifiques «a[yant] pour mandat d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique […] disponible en rapport avec la question du changement du climat» [7]. Selon les rapports de cette communauté d’experts reconnus à travers le monde, il est possible d’affirmer que l’activité humaine est presqu’assurément responsable de ce bouleversement de l’environnement [8].  Devant ce constat, notre équipe est amenée à réfléchir à diverses questions:  Qu’est-ce que cette responsabilité inhérente de la pollution causée par l’activité humaine implique ? Quels sont les grands défis à venir? S’il doit être tenu responsable d’avoir perturbé le climat, l’homme doit-il s’engager à trouver des solutions aux obstacles qui l’empêcheraient de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre? Si oui, pourquoi ne semble-t-il pas déjà en voie d’agir en ce sens? Puis, dans un contexte où l’eau (accessibilité, distribution)  devient un enjeu d’envergure, quelles sont les solutions qui s’offrent à nous?

[1] «Les risques climatiques augmentent alors qu’un réchauffement de 1,5°C apparaît déjà inéluctable, selon un nouveau rapport», La Banque Mondiale, [En ligne], http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2014/11/23/climate-report-finds-temperature-rise-locked-in-risks-rising (Page consultée le 17 février 2015)

[2] «Changement climatique : des données alarmantes», notre planète.info,  [En ligne], [2] http://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/changement-climatique-donnees.php (Page consultée le 17 février 2015)

[3]ENVIRONNEMENT CANADA, L’action du Canada sur les changements climatiques, [En ligne], http://www.climatechange.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=3F11F818-1 (page consultée le 17 février 2015)

[4] «Changement climatique : des données alarmantes», notre planète.info,  [En ligne], [4] http://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/changement-climatique-donnees.php (Page consultée le 17 février 2015)

[5] «L’impressionnante fonte de la banquise arctique», notre planète.info,  [En ligne], http://www.notre-planete.info/actualites/3956-video-fonte-banquise-arctique, (Page consultée le 17 février 2015)

[6] «Changement climatique : des données alarmantes», notre planète.info,  [En ligne], [4] http://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/changement-climatique-donnees.php (Page consultée le 17 février 2015)

[7] «Présentation du GIEC», Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, [En ligne], http://www.developpement-durable.gouv.fr/Presentation-du-GIEC.html (Page consultée le 17 février 2015)

[8] «Dépôt d’un important rapport du GIEC sur les changements climatiques», Perspective monde, [En ligne], http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=709 (Page consultée le 17 février 2015)