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ÉDITORIAL

La sous-estimation de l’intimidation

Depuis plusieurs années, l’intimidation tend à vouloir occuper une place de plus en plus importante dans notre société. Environ 15 à 20% des jeunes âgés entre 7 et 16 ans rapportent avoir été impliqués dans une situation d’intimidation en tant qu’intimidateur ou victime au cours de leurs années scolaires. Effectivement, l’intimidation est trouvée partout ou nous pouvons la cherché, que ce soit dans les milieux riches ou pauvres, dans les petits villages ou en plein milieu de la ville. De nos jours, plusieurs problèmes sociaux sont associés à l’intimidation, tels que le suicide, la dépression, le décrochage scolaire et le manque d’estime de soi. Ces problèmes sociaux peuvent représenter des enjeux assez importants pour notre société puisque le décrochage scolaire n’assure certainement pas un avenir certain pour notre société. Vu l’étendue de l’intimidation et la gravité des problèmes sociaux qu’il en découle, nous pouvons supposer qu’elle occupe une place inestimable au sein de notre société. Ceci dit, il est donc essentiel d’aborder ce thème afin de mieux le comprendre et de pouvoir agir en conséquence dans le but d’en réduire sa portée.

 

ÉDITORIAL

Le phénomène de l’intimidation est un enjeu qui s’agrandit à travers la planète. Lorsqu’on parle d’intimidation, on se réfère à l’action de faire du mal à une autre personne soit par des moyens physiques et verbaux ou encore par les médias sociaux. L’intimidation se retrouve à diverses places, mais ma recherche se base au niveau secondaire. Mon but est d’analyser les impacts de l’intimidation sur la scolarisation de l’élève. Bien sûr, il y a plusieurs degrés d’intimidation qui dictent l’ampleur des conséquences sur l’intimidé par la suite, mais plusieurs recherches démontrent les liens forts entre un étudiant qui se fait intimider et lâche l’école par la suite. Après avoir pu communiquer avec la psycho éducatrice Johanne Laviolette, les hypothèses par rapport au taux de décrochage et de l’intimidation ont été confirmées. Elle parle beaucoup de la démotivation de l’élève par rapport à ses cours, car celui-ci vit constamment avec la crainte de se faire humilier et ridiculiser par son intimidateur devant toute la classe. Puis, elle fait référence à un rapport qu’elle fait compléter à l’élève. Ce rapport permet d’évaluer la gravité de la situation et on peut par la suite appliquer les solutions adéquates afin de contrer le phénomène. Dans mon article, j’explique en détail l’importance des programmes mis en place dans les écoles secondaires par le gouvernement de l’éducation. Malgré qu’il reste beaucoup de travail à faire avant de mettre fin à l’intimidation, les témoignages des experts et même des élèves démontrent une amélioration face à l’enjeu de l’intimidation grâce à ces programmes.

 

-Oana Nicolau

Réponses à notre entrevue par la psycho éducatrice Joanne Laviolette

Quelles sont les mesures mises en place par le gouvernement, la commission scolaire et l’école afin de diminuer l’intimidation?Il y a une nouvelle loi par le gouvernement qui obligent toutes les écoles a mettre en place des protocoles d’intimidation et aussi il a fallu que chaque école face une évaluation pour déterminer la place que l’intimidation occupait au sein de l’école et d’examiner les points forts et les points faibles de l’école, afin de savoir si elle plus sujette à l’intimidation. Dans cette école, il y a beaucoup de rencontres de parent mises en place, afin de les sensibiliser à l’intimidation. Il y a aussi eu la mise en place d’un « squad » des élèves de 5e et 6e année chapeauté par moi, la psycho éducatrice de l’école pour diminuer les risques d’intimidation. Aussi, il y a eu la formation de 56 petites familles comprenant 11 élèves, pour favoriser les liens et une meilleure harmonie entre les plus vieux et les plus jeunes de l’école.

 Parmi vos motifs de consultations, quelle place occupe l’intimidation?Pas une très grande place, dans les 2 dernières années, il n’y a eu seulement que 3 cas d’intimidation dans cette école. Puisque les mesures mises en place occupent une place tellement importante, cela explique bien pourquoi il n’y a pas beaucoup de cas d’intimidation. De plus, dans la plupart du temps, ce sont les parents qui m’écrivent un message pour m’informer que leurs enfants sont victimes d’intimidation. Les enfants ont moins tendance à venir me voir pour un problème d’intimidation puisque malheureusement, ils pensent que cela va empirer leur situation.

Quelle est la moyenne d’âge des enfants qui vous consultent pour les problèmes reliés à l’intimidation? Et si ce sont les garçons ou les filles qui viennent plus souvent, vous consultez pour des problèmes d’intimidation? En moyenne, ce sont des étudiants de 3e et de 4e année qui viennent me voir pour des problèmes en lien avec l’intimidation. Ce sont autant des garçons que des filles, mais chez les filles l’intimidation est beaucoup plus indirecte et verbale, alors que chez les garçons c’est beaucoup plus violent et agressif.

Les élèves qui viennent vous voir concernant l’intimidation sont-ils plus souvent les intimidés et les intimidateurs? Les intimidés, puisque c’est beaucoup plus insupportable pour la victime et ils ressentent davantage le besoin d’en parler.

Y a-t-il un lien entre les problèmes familiaux et les élèves victimes d’intimidation? Pouvez-vous élaborer. Oui, il existe un lien entre les problèmes familiaux. Les élèves qui sont témoins de violence ou de conflits familiaux sont beaucoup plus portés que les autres étudiants à développer des comportements agressifs et violents envers les autres. De plus, lorsqu’ils arrivent à l’école, c’est un des endroits où ils sont le plus souvent durant leur jeunesse, donc c’est certain que l’atmosphère familiale plus difficile peut avoir un impact négatif important sur les habiletés sociales du jeune.

En fonction de leur âge, quelles devraient être les habiletés sociales des élèves? S’ils n’ont pas acquis ces habiletés sociales, comment aidez-vous à les développer?Une communication claire et de s’avoir comment bien exprimer à leurs amis comment ils se sentent. Par contre, les élèves de niveau primaire ont besoin d’un intermédiaire puisqu’ils ont beaucoup de difficulté à s’écouter et à avoir de l’empathie l’un envers l’autre. Puisque chacun d’entre eux a son idée bien conçue dans sa tête, donc les eleves n’arrivent pas à avoir une bonne communication entre eux et à dégager des pistes de solutions.

Selon vous, existe-t-il un lien entre les habiletés sociales des élèves et leur chance d’être victime du processus d’intimidation? Oui, car les élèves avec des difficultés éprouvées en lien avec ses habiletés sociales va être naturellement plus à l’écart et aura beaucoup plus de difficulté à se faire des amis et à s’intégrer au sein d’un groupe, ce qui le rend naturellement à être plus sujet au processus d’intimidation.

Peut-on dégager un profil psychologique de l’élève intimidé? Oui, en général, un élève intimidé est très calme et à l’écart d’un groupe. Aussi, on peut remarquer qu’un élève intimidé a souvent des difficultés au niveau de ces habiletés sociales. Ils sont donc des victimes plus faciles pour les intimidateurs puisqu’ils savent que les jeunes intimidés sont plus faibles qu’eux et n’ont pas les habiletés pour leur répliquer.

Quelles sont les principales caractéristiques au niveau psychologique des intimidateurs? (dépressif, agressif, violent) Un esprit de compétition surdéveloppé, le désir de prouver qu’on est le meilleur dans tout, des difficultés au niveau des habiletés sociales puisque les intimidateurs ont aussi tendance à avoir plus de difficulté à se faire des amis, et il y a aussi de la violence et de l’agressivité.

Et que faites-vous afin de leur venir en aide? Quels sont les suivis que vous entreprenez avec les intimidés et les intimidateurs? (durée, interventions)Lorsque j’ai un cas d’intimidation, il y a des rencontres organisées entre l’élève et moi, en moyenne de 5 à 10 pour bien compléter le suivi et s’assurer que l’intimidation à cesser. Dans la première rencontre, je fais remplir, par l’étudiant, un formulaire de signalement dans lequel il dénonce les intimidateurs, la nature de l’acte posé et les actions posées, afin de cesser l’intimidation. Les suivis sont importants, puisqu’une seule rencontre ne permet pas de cesser l’intimidation complètement.

Selon vous, existe-t-il un lien entre les élèves victimes d’intimidation et leurs performances scolaires? Et si oui commence se manifeste-t-il? (niveau d’absentéisme plus élevé, manque de motivation, mauvaises notes)Oui, on peut observer une certaine démotivation chez les jeunes victimes d’intimidation. Par contre, au niveau primaire il n’y a pas encore de cas d’absentéisme, les cas d’absentéisme devraient être beaucoup plus élèves au secondaire. Au primaire, c’est davantage de la démotivation qui se remarque facilement, puisque l’enfant témoigne verbalement qu’il n’aime pas être à l’école. De plus, lorsque l’enfant vient en classe, sa démotivation l’empêche d’être attentif et l’élève en vient à perdre le fil et à ne plus comprendre du tout la matière, ce qui le démotive encore plus et l’empêche de se sortir du cercle vicieux de la démotivation qui est à la base causé par l’intimidation. Donc, oui l’intimidation peut avoir un impact sur le rendement scolaire du jeune.

 

 

Le conflit et l’intimidation, faire la différence

Selon (Fortin et Picard, 1999), « l’intimidation est un processus normal de socialisation de jeunes en apprentissage du vivre ensemble », surtout dans le milieu scolaire qui représente comme une sorte de deuxième maison pour les jeunes étudiants. C’est pour cette raison, qu’il est important de voir à ce que le jeune étudiant soit en mesure de se sentir à l’aise avec les autres personnes composant ce milieu, comme les autres étudiants et les personnels éducatifs. L’étudiant devrait pouvoir être en mesure de se sentir à l’aise, puisque l’école reste un milieu de vie très agréable pour les jeunes étudiants dans lequel ils peuvent développer leurs compétences sociales en socialisant avec les autres élèves.

Dans cet article il sera question de dresser un portrait du processus de l’intimidation en abordant tout ce qui peut mener à une situation d’intimidation soit les différentes normes et valeurs ainsi que les habiletés sociales, dans le but d’en venir à une comparaison avec un simple conflit entre étudiants qui nécessitent beaucoup moins de mesures et de solutions qu’un cas d’intimidation

Si le jeune ne parvient pas à développer pas un sentiment d’appartenance envers son milieu scolaire, cela pourrait provoquer d’importantes conséquences à long terme pour l’étudiant en question, telle que le décrochage scolaire, des cas d’absentéisme, de mauvaises notes, le risque de comportements violents, des suicides, etc. (Fortin et Picard 1999). En raison des conséquences à long terme assez considérable, il est important de bien savoir la différence entre l’intimidation, afin de pouvoir prendre des mesures et poser des actions afin de stopper l’intimidation. Une explication fonctionnelle des manifestations de l’intimidation va permettre de pouvoir mieux en saisir le fonctionnement et de cette façon être en mesure d’identifier les antécédents et renforcements. Mieux que simplement pouvoir les symptômes de l’intimidation, l’explication permettra de comprendre les conditions nécessaires à sa manifestation, de savoir pourquoi, où et comment se produisent les comportements. (Gagné, 2005)

Tout d’abord, plus de 25% des étudiants ont avoué qu’une de leur plus grande crainte au niveau scolaire était les intimidateurs. Plus de 75% des adolescents se disent avoir déjà été victimes d’intimidation au moins une fois durant leur secondaire. L’intimidation est un comportement intentionnel causant psychologiquement la peur d’être blessé à un individu. Il n’est pas nécessairement prouvé que le comportement soit assez violent pour causer une peur ou que la victime soit effrayée (le Petit Robert, 2014), mais tout de même il reste que ce comportement se présente sous la forme d’un caractère répétitif. L’intimidation est bien sûr beaucoup plus présente dans le milieu scolaire, puisque c’est à cet endroit que les jeunes sont majoritairement ensemble ce qui peut provoquer certains différends entre eux. Les âges considérés comme les plus sujettes à l’intimidation sont entre la quatrième année du primaire jusqu’à la fin du secondaire deux. Le fait que les jeunes de 9 ans à 14 ans soient les plus sujets à un cas d’intimidation, s’explique par le fait que c’est dans cette période d’âge que les jeunes commencent à découvrir davantage leurs personnalités, leurs valeurs et leurs normes, et qu’ils commencent à se comparer avec celles des autres étudiants.

De plus cet âge correspond à la période où les groupes d’amis commencent à se former, puisque les gens ont un besoin d’appartenir à un groupe, afin de satisfaire leur besoin d’inclusion sociale. L’appartenance à ce groupe se fait à travers certaines règles implicites sur la tenue vestimentaire par exemple. Il importe de souligner ce caractère inconscient du besoin d’appartenir à son groupe d’amis tout en participant à la défense de valeurs communes des membres qui se distinguent des valeurs de celles des autres groupes. Si ces frontières viennent à se faire dépasser, c’est à cet instant que des situations d’intimidation peuvent apparaître. Puisque les jeunes appartenant aux groupes ressentent une menace de la survie de leur groupe et une sorte de trahison de la part de celui qui n’a pas respecté les normes. Et il y aura une exclusion sociale puisque le groupe aura jugé que l’étudiant ne correspond plus au modèle inculqué par le groupe en question. (Gagné, 2005)

Pour ce qui est des manifestations de l’intimidation, la majorité des gens ont tendance à croire que l’intimidation se traduit seulement par le fait de gestes agressifs, mais pourtant la menace peut parfois passer inaperçue et se développer sous forme verbale, ou même virtuellement par la cyberintimidation. En effet, l’intimidation peut apparaître sur plusieurs formes, mais ce sont principalement par l’intimidation directe ou indirecte. L’intimidation directe se traduit par des actes tels que pousser, frapper, se moquer, faire des menaces, et l’intimidation indirecte qui se traduit par le fait de répandre de fausses rumeurs, d’attaquer la réputation d’un autre étudiant ou de convaincre les autres de ne plus parler à une personne. De plus, il est important de savoir que l’intimidation est un processus qui se déroule sur une longue période de temps et que celle-ci se déroule sous un caractère intentionnel. Une des plus importantes différences entre un conflit et une situation d’intimidation, c’est que dans un cas d’intimidation, l’acte en question est posé de manière réfléchie et l’agresseur choisi sa victime ce qui implique des comportements commis avec l’intention de vouloir faire mal, apportant une certaine jouissance à l’agresseur qui constate que sa victime vit un sentiment d’oppression, contrairement à un conflit qui est plutôt spontané et qui prend forme sans aucune raison déterminée (Martin, 2003).

Donc, vu l’ampleur de l’intimidation sur le milieu scolaire, les gens ont tendance à accorder beaucoup d’importance à tout ce qui ressemble une situation conflictuelle entre étudiants. Être en mesure de faire la différence entre un simple conflit et un cas d’intimidation permettrait d’être en mesure de savoir comment réagir face à un conflit entre pairs qui peut facilement passer pour un cas d’intimidation si nous n’y portons pas une attention considérable. Bien que la différence entre un conflit et l’intimidation soit assez difficile à remarquer visuellement, il est important que le personnel éducatif et même que les autres étudiants porte une attention particulière à des situations d’agression qui tendent à être répétitive sur un même étudiant. Le gouvernement et les institutions scolaires doivent viser à ce que les milieux scolaires arrivent à mieux comprendre, à prévenir les manifestations les plus dommageables, à réduire la fréquence l’intensité des situations d’intimidation au sein des écoles. (Lepage et al., 2006) D’ailleurs, déjà plusieurs milieux scolaires ont développé des interventions dans le but de s’attaquer au problème, comme l’école Gentilly, telle que mentionnée dans mon éditorial, qui a fait preuve de beaucoup de mesures, afin de prévenir l’intimidation.

Caroline Vézina

 

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Pour plus d’information sur le processus d’intimidation vous pouvez consulter ce site internet avec plusieurs descriptions en lien avec les sous-thèmes de l’intimidation, par exemple le profil des intimidateurs ou des intimidés et les solutions présentées, afin d’agir pour réduire l’intimidation. Et même plusieurs vidéos réalisées par des psychoéducateurs, afin de donner plusieurs conseils quant à la façon dont il serait recommandé d’agir en présence d’un cas d’intimidation. Lien: http://www.csdhr.qc.ca/?5C13BEBF-24BF-4F27-9E4C-A45199D751F1

LE PORTRAIT DE L’INTIMIDATEUR, DES SUIVEURS ET DE L’INTIMIDÉ

C’est durant l’adolescence que le phénomène de l’intimidation atteint son pic et c’est aussi à ce moment que les enjeux plus graves apparaissent. C’est une période très difficile, car c’est là où chacun et chacune essayent de découvrir qui ils sont et comment ils se définissent en tant que personne. Déjà que le fait de passer par cette étape est extrêmement difficile, avoir un intimidateur qui nous harcèle et nous met des bâtons dans les routes rajoute un poids énorme et souvent la personne craque. Elle commence peu à peu à tomber en dépression et à haïr sa vie. Elle perd le gout de participer, elle ne voit pas le but de continuer sa scolarisation, car elle se sent prisonnière de cette intimidation qu’elle subit. Ce phénomène s’accroit rapidement et sur longue durée . Nous avons constaté à travers notre recherche qu’il y un continument entre les personnes qui se font intimider et celles qui intimident.

Donc, le phénomène s’engendre à l’enfance et s’amplifie grandement à l’adolescence. Sous un angle technique, l’intimidation est une forme de harcèlement qui nuit au bien-être de la personne. Selon M, Deroy-Ringuette, on parle d’intimidation ou de harcèlement quand une ou plusieurs personnes éprouvent du plaisir à utiliser leur pouvoir pour maltraiter de façon répétitive et constante une ou plusieurs autres personnes. Mon but principal est d’analyser ce phénomène et d’acquérir assez d’informations afin de pouvoir répondre à ma question de recherche : l’intimidation au secondaire affecte-t-elle la scolarisation du jeune. La majorité de mes hypothèses tendent vers le oui et nous avons maintenant des preuves concrètes qui viennent affirmer la question de recherche. Avoir à lutter contre son intimidateur et sa dépression amène le jeune adolescent à bout de ses forces et c’est ainsi que s’engendre le phénomène du décrochage scolaire. L’intimidé quitte son lieu d’éducation afin de pouvoir se mettre à l’abri de son intimidateur. Cela affecte son parcours scolaire et crée un retard qui est difficilement rattrapé.

Mais d’abord, il est important de définir les acteurs de ce phénomène. En effet, l’analyse de l’enjeu de l’intimidation doit partir de la racine du problème qui est composée de trois acteurs distincts : les intimidateurs, les suiveurs dont on entend moins parler, mais qui jouent un rôle tout aussi important, et bien sûr l’intimidé. C’est à partir de ces personnes que le phénomène est créé.

Tout d’abord, on retrouve les intimidateurs qui sont des personnes ayant beaucoup de courage, qui n’ont pas de gêné à interagir avec les autres et qui sont souvent amis avec toute la classe et ils entrainent les autres à les suivre. Leur comportement de mauvaise qualité impressionne les autres jeunes autour et ces derniers désirent être aussi populaires que le meneur et copient donc son caractère. Ce comportement est influencé par plusieurs concepts, les plus importants étant la famille et les amis. Le jeune prend exemple sur les évènements qu’il voit à la maison et il projette un comportement qui est fondé sur l’éducation fournie par sa famille. Les jeunes qui sont plus à risques de devenir des intimidateurs proviennent souvent d’une famille qui n’a pas le temps pour lui et n’accorde pas assez d’importance au jeune. Celui-ci, dépourvu du manque d’efforts de sa famille, s’auto-éduque en s’inspirant des autres choses qui l’entourent comme les réseaux sociaux, la télévision, les jeux vidéo, le comportement de ses amis.

Par la suite, on retrouve les suiveurs qui sont en fait les autres jeunes de la classe et de l’entourage qui suivent l’intimidateur dans son processus d’intimidation. Selon Michaud et Deroy-Ringuette (2015) : « Leur présence plus ou moins silencieuse et leur abdication devant l’expression de la violence viennent cautionner et renforcer les conduites de l’intimidateur.» Ils font cela pour deux raisons distinctes. D’abord, ils désirent à leur tour gagner de la popularité et se faire respecter par les autres et, donc, ils intimident aussi. Par contre, ils peuvent aussi être suiveurs, car ils craignent que si ils ne suivent pas l’intimidateur, c’est eux qui vont finir en tant qu’intimités. Ce paradoxe serait éliminé si tous les élèves tournaient le dos à l’intimidateur, car ce dernier se retrouverait seul et ce serait lui le jeune marginalisé. Le rôle des suiveurs dans l’intimidation est second, mais il affecte pour autant l’intimidé.

Par la suite, on retrouve l’intimidé qui est le jeune qui s’isole du reste des élèves. Il a passé toute sa vie dans un manque d’attention et il se sent bien seul. Il a souvent beaucoup de misère à communiquer avec les autres qui le trouvent bizarre. Il ne sait pas comment se faire des amis et, puisque son comportement est diffèrent des autres, il devient la cible parfaite d’intimidation. Comme pour l’intimidateur, il y a de fortes chances que ce jeune ait passé une enfance difficile ou on lui accordait très peu d’attention et il se retrouvait souvent seul. La famille est la chose la plus importante dans le développement de l’enfant et si celle-ci n’est pas présente pour lui former une éducation le jeune vit alors une dissociation de la société qui l’affectera dans le futur.

Par rapport à ce phénomène, sur le site internet et la chaine TV de Canal Vie, on retrouve une série de plusieurs coutres vidéo qui portent sur l’intimidation au secondaire. Ces épisodes ont un lien direct avec la recherche, car on peut percevoir les divers angles du phénomène de l’intimidation soit l’intimidé, l’intimidateur, l’entourage amical et familial, etc. On voit clairement les différents stéréotypes et comment la victime en est affectée.

Bref, avant de pouvoir poser des actions pour prévenir le phénomène d’intimidation, il faut d’abord bien définir les catégories et employer les moyens adéquats pour chacune.

 

-Oana Nicolau

 

Médiagraphie

BEE, Helen, Denis BOYD. Les Âges de la vie, 4e éd., Québec, Édition en ligne, 2011, 499 p. (Éducation Innovation Passion)

CLOUTIER, Pierre, Guy PARENT. Initiation à la psychologie, 2e éd., Québec, Chenelière Éducation, 2013, 434 p.

DEROY-RINGUETTE Rachel, et MICHAUD, Sophie. « Regard sur l’intimidation», Association Lurelu, [En ligne], Volume 37, numéro 3, hiver 2015, p. 7-10, dans ÉRUDIT

 

L’intimidation, une cause importante de démotivation scolaire

Au Québec, l’abandon scolaire est un enjeu qui mérite une attention particulière, car le taux de décrochage est évalué à 27,4% (Fortin et Picard, 1999). Les conséquences issues du décrochage scolaire devraient être tout autant, sinon encore plus, être considérées de façon importante, car elles peuvent influencer lourdement l’étudiant sur le plan personnel, sur son adaptation scolaire et sur son insertion sociale. En considérant que le décrochage scolaire occupe une place importante au sein des institutions scolaires, il serait important d’approfondir les facteurs discriminants de ce taux de décrochage, afin de pouvoir développer des mesures pour en réduire son taux. Dans cet article, il sera question d’expliquer les raisons pour lesquelles l’intimidation peut avoir un impact sur le taux de décrochage scolaire dans les écoles, pour en venir à la nécessité d’instaurer des mesures dans les écoles, afin de réduire les cas d’intimidation ainsi que le taux de décrochage scolaire.

Tout d’abord, le décrochage scolaire ne peut pas vraiment être la cause d’un seul élément perturbateur, mais plutôt d’un surplus de facteurs accumulé par l’étudiant qui apparaît généralement sous forme de dépression. Selon une étude réalisée par (Fortin et al., 2005), sept facteurs ont été déterminés comme étant plus prédicateurs du décrochage scolaire. Le premier de ces sept facteurs étant le sentiment de dépression et ensuite le climat scolaire de l’étudiant. Le climat scolaire s’avère très important, puisqu’il a d’importantes répercussions, par rapport à l’engagement du jeune dans ses activités scolaires et sociales. Lorsque l’enfant fait face à une situation d’intimidation, à plusieurs reprises dans son milieu scolaire, il est sujet à plusieurs comportements violents, au stress et à la solitude, ce qui amène évidemment un sentiment d’insécurité chez l’étudiant. Cela peut aussi expliquer une dévalorisation de l’estime de soi chez la victime d’intimidation, car elle éprouve une plus grande difficulté à socialiser avec les autres étudiants. Cette dévalorisation de l’estime de soi peut même provoquer la dépression chez certaines victimes. Donc, le sentiment d’insécurité que ressente les jeunes lorsqu’ils sont à l’école, les poussent à éviter de se présenter à l’école, non par parce qu’il déteste l’école, mais à cause du sentiment d’isolement social qu’ils ressentent (Blaya et al., 2011).

Les étudiants faisant partie d’un cas d’intimidation au sein de leur milieu scolaire, mais surtout les victimes, vont commencer à éprouver de la difficulté à se concentrer en classe, puisqu’ils ne se sentent pas nécessairement en sécurité. Le climat scolaire de l’étudiant est donc perturbé, et sa concentration qui est plus difficile peut avoir un effet négatif sur lui, puisque la difficulté de concentration en classe est significativement corrélée au décrochage scolaire.

Le décrochage scolaire est un processus à long terme et le désengagement commence souvent dès le primaire. Bien qu’au primaire aucun étudiant ne puisse décider d’abandonner l’école, il va développer, avec les années, certains comportements d’évitement envers l’école. Un jeune étudiant va commencer à vouloir se désengager lorsqu’il n’a pas de motivation pour réaliser ces tâches scolaires, ou même s’il ne se sent plus à l’aise dans son milieu scolaire, ce qui peut affecter le développement des comportements d’évitement. En effet, les jeunes qui souffrent de difficultés, soit sociale ou scolaire, vont développer certaines stratégies d’évitement envers leurs agresseurs, comme l’absentéisme et finalement le décrochage scolaire. Par contre, la décision d’abandonner l’école est le résultat d’une longue évolution et d’un cumul de frustrations engendrées par les échecs scolaires et surtout par les difficultés relationnelles avec les pairs, les enseignants et les parents (Fortin et al., 2005).

Ensuite, il y a le processus de l’étiquetage, plus précisément, c’est le fait de distinguer dans ce cas si, un étudiant comme intimidateur ou comme intimidé et le ranger sous cette étiquette. Lorsque le jeune étudiant est victime du processus de l’étiquetage dans son climat scolaire, il est amené à se désengager peu à peu de son institution scolaire. Les effets de cet étiquetage peuvent facilement engendrer une amplification du décrochage scolaire, car que ce soit pour l’intimidateur ou pour l’intimider ils ont de la difficulté à se défaire des préjugés qui leur sont accordés. Surtout lorsque les professeurs étiquettent les étudiants de bon ou de mauvais élève, l’influence du milieu scolaire peut réellement avoir un impact sur le jeune, jusqu’à le pousser vers des comportements déviants qui vont peu à peu amener le jeune à décrocher ou même à être exclus du système scolaire. D’ailleurs, selon (Fortin et al., 2005), les élèves à risque de décrochage scolaire sont souvent en conflit avec leurs enseignants ou avec le personnel scolaire.

Donc, considérant que l’intimidation peut avoir un impact très important sur le décrochage scolaire, il serait important de voir à ce que les mesures nécessaires, afin de réduire l’intimidation dans les écoles, soient mises en place. Comme expliqué dans mon éditorial, mon entrevue avec la psychoéducatrice de l’école Gentilly, Madame Laviolette, plusieurs mesures ont été récemment mises en place par le gouvernement. Les élèves ne devraient pas avoir peur d’aller à l’école et les parents ne devraient pas s’inquiéter de ce qui peut arriver à leur enfant à l’intérieur de la structure scolaire (Turcotte et Lamonde, 2004). Pour ces raisons, il serait très important de voir à ce que les parents demeurent informés des cas d’intimidation pour qu’ils soient en mesure de savoir comment aider leurs enfants s’ils sont victimes d’intimidation. Au sein de l’école Gentilly, on compte déjà plusieurs rencontres de parent, afin de les informés sur l’importance des impacts de l’intimidation. De plus, il serait important que les écoles aient des programmes de soutien, afin qu’aucun étudiant ne se sente rejeter. À l’école Gentilly, il y a déjà un « squad » dans l’école, chapeauté par la psycho éducatrice de l’école, dans le but de favoriser les relations amicales entre les étudiants de tous les niveaux. Donc, en considérant que plusieurs mesures sont déjà mises en place, afin de réduire l’intimidation, il serait logique que le taux de décrochage fortement corrélé à l’intimidation ne tarde à baisser.

 Caroline Vézina

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LE RÔLE DES PROGRAMMES GOUVERNEMENTAUX

Nous allons d’abord approcher le phénomène de l’intimidation au secondaire sous l’angle politique. En effet, l’intimidation est un vaste sujet qu’il faut analyser sous divers angles afin d’avoir la meilleure image possible de la situation. Mon analyse porte sur les jeunes entre 11-16 ans, car c’est à l’adolescence qu’on observe une montée du phénomène. Le gouvernement du Québec et du Canada s’implique beaucoup dans la problématique de l’intimidation. Malgré que quelques mesures sont mises en places pour contrer l’intimidation au primaire, les plus grands efforts sont déployés au secondaire, car ils sont tous conscients que c’est à cette période que l’intimidation devient un plus grand enjeu. Selon Michaud et Deroy-Ringuette (2015) : «On parle d’intimidation ou de harcèlement quand une ou plusieurs personnes éprouvent du plaisir à utiliser leur pouvoir pour maltraiter de façon répétitive et constante une ou plusieurs autres personnes.» Le gouvernement, les commissions scolaires et les autres organismes s’engagent à, premièrement, informer le mieux possible les jeunes sur la problématique afin qui ceux-ci sachent adéquatement qu’est-ce que c’est l’intimidation et quelles sont les conséquences. Par la suite, ils posent des actions et font faire aux jeunes plusieurs exercices qui leur permettent de mieux comprendre la situation.

La première étape est basée sur la transmission d’informations aux jeunes. C’est une des étapes les plus importantes et non seulement pour le thème de l’intimidation. Lorsqu’on regarde dans le passé, on constate que lorsque plusieurs évènements néfastes sont survenus, la population n’était pas au courant de ces évènements. En effet, lorsque la population est ignorante, elle ne peut aucunement agir. C’est d’ailleurs pour cela que depuis la dernière quinzaine d’années les écoles secondaires ont pris la bonne initiative d’investir son temps et ses efforts dans la transmission de cette information. Pour ce faire, ils emploient plusieurs moyens. D’abord, dans la majorité des écoles secondaires, il y a une/un pédagogue, une/un psychologue et divers intervenants. Ceux-ci sont responsables de la transmission d’informations ainsi que de la mise en place des activités.

La transmission de l’information se fait souvent via des publicités et des affiches. On retrouve à travers de nombreuses écoles secondaires des pancartes qui indiquent les causes/conséquences de l’intimidation ainsi qu’un numéro de téléphone auquel ils peuvent appeler en cas de besoin d’aide. De plus, l’école fait venir plusieurs conférenciers, au moins un par année, qui sensibilisent les jeunes au sujet de l’intimidation. Comme exemple, je me rappelle du temps que j’étais au secondaire et j’ai eu la chance d’assister à plusieurs de ces conférences. Plusieurs thèmes de l’intimidation étaient abordés alors comme l’homophobie, les armes à l’école, les menaces, etc.
Par la suite, une fois que l’information est transmise et que les jeunes sont sensibilisées, c’est le temps de passer à l’action. Les jeunes doivent agir autant psychologiquement que physiquement afin de stopper cet enjeu.

Du côté psychologique, après les conférences il y a toujours un questionnaire ou un rapport qu’on demande à l’élève de faire. Cela sert à évaluer la compréhension du jeune par rapport au phénomène. On analyse par la suite les liens que l’élève a faits et les conclusions qu’il a tirées de la conférence. Du côté physique, les jeunes sont amenés à participer à plusieurs activités. Chaque année il y a la marche jeunesse j’écoute qui vient en aide aux intimidés. Cette marche est un évènement massif auquel de nombreuses écoles secondaires participent. Les élèves plus vieux du secondaire aident avec l’organisation de cette marche. Ils y travaillent en tant que bénévoles et distribuent des pamphlets, des chandails, des bouteilles d’eau, etc. Les plus jeunes font la marche et passent plusieurs semaines avant à ramasser des fonds pour jeunesse j’écoute. Leurs fonds sont récoltés d’autres travaux bénévoles comme la vente de chocolat, l’emballage dans les épiceries, le porte-à-porte, etc.

Bref, le gouvernement de l’éducation prend plusieurs initiatives dans les écoles secondaires afin de réduire et prévenir le phénomène de l’intimidation. Selon Fradette (2013) : «L’intimidation peut commencer sous différentes formes, que ce soit par un regard arrogant, un geste méprisant, une parole blessante, et mener plus loin éventuellement. Selon Statistique Canada, sur 35 pays évalués, le Canada se classerait au neuvième rang quant à l’intimidation chez les jeunes de treize ans ». Il faut donc agir dès aujourd’hui.

-Oana Nicolau

 

Voici une vidéo qui porte sur la marche Jeunesse J’écoute

(Jeunesse j’écoute, 2 juin 2014)

 

Voici 2 sites qui expliquent d’avantage ce phénomène:

-http://jeunessejecoute.ca/Teens/home.aspx?gclid=CO3h4raInMUCFQEEaQodbUQADw

-http://teljeunes.com/accueil

 

Médiagraphie

FRADETTE, Marie.« Un cri pour briser le silence », Association Lurelu, [En ligne], Volume 36, numéro 1, printemps-été 2013, p. 89-90, dans ÉRUDIT.

GOUVERNEMENT du CANADA. «Intimidation », site du gouvernement du Canada, [En ligne], «http://www.canada.ca», (Page consulté le 1er décembre 2012)

Jeunesse j’écoute, 2 juin 2014